Gola et Gueoula

Nous lirons ce Chabbat les parachiot Matot/Mass'é. Elles sont toujours lues durant la période de 3 semaines entre le 17 Tamouz du 9 Av, appelée Ben Hametsarim (littéralement "entre les restrictions").

Il est écrit dans la parachat mass'é : "Voici les voyages par lesquels les Bnei Israël sortirent du pays d’Égypte".
Dans la langue sainte, le mot mitsraïm (Égypte) peut aussi se lire metsarim (restrictions) comme la période dans laquelle nous nous trouvons.

Seul le premier de ces voyages, de Ramsès à Soucot, constitue la sortie d'Egypte. Tous les autres furent faits en dehors d’Égypte. Une question bien connue est alors soulevée : pourquoi est-il dit "voici LES voyages" ?

Nos maitres affirment que la première délivrance (la sortie d'Égypte) est le modèle de toutes les délivrances qui suivront, y compris de celle de la Délivrance finale. Mais, pourquoi dans ce cas appelle t-on la première délivrance « yetsiat mitsraim/sortie d’Égypte » et non « gueoulat mitsraim/délivrance d’Égypte » ?

De plus, pourquoi le mot gola/exil est-il si proche du mot gueoula/délivrance (qui ne comporte que la lettre aleph en plus)? Plus encore, le mot gueoula/délivrance contient toutes les lettres de gola/l'exil.

En réalité, la réponse se trouve dans la question. La délivrance se cache précisément dans l’exil. Il faut comprendre par là que la gueoula n’est pas le processus qui suivra l’exil mais plutôt le processus qui transformera l’exil car elle y fait partie intégrante !

A présent nous comprenons pourquoi la première délivrance est appelé yetsia/sortie et non gueoula/délivrance. Les Bnei Israël étaient déjà à un niveau critique d'impureté et il leur fallait absolument rompre avec l’Égypte. Pour cela, ils sont "sortis" d’Égypte, ont fui l'oppression mais n'avaient pas encore entamé le processus de transformation qui se fera lors des 42 étapes dont parle notre paracha. Ils n’ont fait que repousser l’obscurité, ils ne l’ont pas transformé.

C’est la raison pour laquelle le verset dit « voici les voyages » : la première étape leur a permis certes de fuir l'Égypte mais il leur en a fallu encore 41 autres pour pouvoir s’élever spirituellement progressivement. Ainsi, chaque voyage qui rapprochait les Bnei Israël de leur destination (Israël) faisait apparaitre l’étape précédente comme un confinement, une restriction, une autre Égypte.

Cela me fait penser à un enseignement du Baal Chem Tov sur un verset du Tehilim 102 : « prière du pauvre qui entoure et déverse son propos devant Hachem ». Le Baal Chem Tov Hakadoch enseigne que c’est précisément cette prière du pauvre qui a le pouvoir de déverser son propos devant Hachem.

La prière du pauvre peut être comparée à l’exil tandis que la possibilité de pouvoir la déverser devant Hachem constitue en soi une Délivrance. En quelque sorte, la Délivrance se trouve dans l’exil ! Autrement dit, c’est bien sa situation (de pauvreté , donc d’exil) qui transforme sa prière en louange devant Hachem (donc en délivrance).

Le message pour nous est le suivant : nous sommes la génération de la délivrance ! Mais de la délivrance du type gueoula et non du type yetsia. Par conséquent, nous ne pouvons pas nous contenter de repousser l’exil, nous devons le transformer car c’est précisément de l’exil que jaillira la Lumière de la Délivrance.

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