Les forces de la vie

Le Nom divin que l’on ne prononce pas tel qu’il s’écrit (le chem avayé) est constitué de quatre lettres. Il renvoie aux quatre parties fondamentales de l’être humain : le cerveau (le youd), le cœur (le 2ème hé), la volonté (le vav) et l’action (le dernier hé).

D’après nos maitres, ces quatre dimensions se retrouvent dans les 10 sefirot avec la décomposition suivante : trois forces du cerveau, trois forces du cœur, trois forces du ratson et une force d’action.

Cerveau : ‘Ho’hma – Bina – Da’at
Cœur : ‘Hessed – Guevoura – Tiféret
Volonté : Netsa’h – Hod – Yessod
Action : Mal’hout

Pour chaque dimension, les forces en présence sont essentiellement au nombre de deux : une force dite « de droite » et une force dite « de gauche ».

La dimension de l’intellect est constituée de ‘Ho’hma et de Bina. La ‘Ho’hma est la capacité de se faire réceptacle, de soumettre son intellect à une Sagesse supérieure. Par exemple, la Torah écrite s’apparente à la ‘Ho’hma car elle provient de D-ieu, d’une Force supérieure et l’être humain n’aurait jamais pu la créer par ses propres forces. C’est la force de droite, celle qui représente le ‘Hessed, la bonté. En effet, c’est par pure bonté que D-ieu nous a donné la Torah.
La Bina est la propension à savoir bien analyser. Par exemple, la Torah orale (le Talmud principalement) s’apparente à la Bina car elle est basée sur des raisonnements logiques et cartésiens. C’est la force de gauche, généralement caractérisée par la Guevoura, la rigueur et le din. En effet, le Talmud discute principalement de la Hala’ha (loi stricte).
Le Da’at est la force permettant la connexion entre les deux forces.

Il en est de même pour Tiféret et Yessod qui jouent respectivement le rôle de connecteurs entre d’une part, ‘Hessed et Guevoura et d’autre part, Netsa’h et Hod.

La Mal’hout (royauté) est la résultante de ces 9 forces.

Lorsqu’elles sont bien utilisées, elles mènent à l’action telle que le maitre du monde le souhaite. A ce moment, l’homme remplit son rôle « royal ».
Selon l’explication de nos maitres, « un roi est un homme qui, lorsqu’il voit une montagne sur son chemin, la pulvérise pour pouvoir continuer son chemin ».

Il faut comprendre deux notions de cet enseignement : non seulement un roi n’est pas celui qui fait marche arrière mais il n’est même pas celui qui contourne la montagne. Le roi est celui qui la défonce !

A présent, nous comprenons l’explication de nos maitres lorsqu’ils disent « ein davar ha’omède bifné haratson/rien ne se tient devant la volonté ». Car qu’est-ce qui est devant (les trois forces de) la volonté ? La Mal’hout ! Et la Mal’hout a pour but d’accomplir le ratson en brisant ce qui se tient devant elle. C’est la raison pour laquelle la terre/erets vient de la racine « ratson/volonté ».

Jusqu’ici, nous avons décrit le mécanisme des 10 sefirot enfouies en l’homme lorsqu’elles sont utilisées à la perfection c’est-à-dire selon la disposition 3/3/3/1.

Voyons à présent à quoi elles ressemblent chez un individu en exil.

Prenons l’exemple de Pharaon, symbole parfait de l’homme en exil puisque lui-même régnait sur l’Egypte/mitsraïm que l’on peut lire également « metsarim/limites, étroitesses ». En effet, il était celui qui régnait sur un pays de « limites » ; et l’exil, comme nous allons le voir, représente l’enfermement dans un système. De plus, nous savons que l’Egypte s’autogérait « de l’intérieur » grâce au Nil, à tel point qu’il était idolâtré par les égyptiens.

Pour représenter la structure de l’imperfection, nos maitres décomposent les 10 sefirot ainsi : 2/3/4/1.

Dans cette configuration, les forces du cerveau ont perdu un attribut et ne sont plus qu’au nombre de deux. Il s’agit du Da’at qui s’est « effondré » au niveau des trois forces de l’émotion. Cela est facile à comprendre, l’homme de l’exil perd le Da’at qui permet la connexion parce qu’il refuse d’être l’associé de D-ieu. Soit, il considère que D-ieu est tout et ne laisse alors de place qu’à la ‘Ho’hma, soit il considère que tout ce qu’il entreprend provient de ses propres forces physiques et intellectuelles (Bina) et refuse donc de se faire réceptacle. Pharaon dira d’ailleurs à Moché « mi Avayé ?/qui est Avayé (nom divin) ? » car il refusa d’admettre qu’il y a une Force au-dessus de lui, il refuse donc la ‘Ho’hma.

Dire que le Da’at s’est effondré au niveau des forces du cœur signifie qu’il se retrouve prisonnier du cœur. La passion domine alors la raison ce qui va à l’encontre de ce que nos maitres nous enseignent, notamment l’Admour Hazaken dans son saint Tanya : « hamo’ah shalit ‘al halev/le cerveau contrôle le cœur ». L’homme en exil n’arrive donc pas à connecter son intellect à D-ieu parce qu’il est soumis à ses pulsions. On parle alors du Da’at en galout, en exil car enfermé dans les attributs de l’émotion.

[Il n’est pas ici question de parler de yester hara pour qualifier les forces de l’émotion mais plutôt de nefech habéémi. Le nefech habéémi représente l’âme vitale, non travaillée par l’être humain, i.e sa nature. On ne peut pas la qualifier de mauvaise en ce sens où elle sert justement, notamment par les attributs de l’intellect, à être transformée par l’être humain. Comme le dit l’Admour Hazaken - pour les connaisseurs - chaque juif doit arriver à changer et « midotav hativi » et « téva midotav »].

Pourquoi l’homme en exil soumet-il son Da’at à ses pulsions ? Car, du fait de la perte d’équilibre (la perte du Da’at) dans les attributs de l’intellect, les attributs du cœur vont à leur tour perdent leur force d’équilibre – tiféret – qui va « se loger », si l’on peut dire, dans les attributs de la volonté. Elles deviennent, dès lors, des pulsions car ne possèdent plus tiféret qui leur permettait de trouver la bonne mesure.

Il en résulte un surplus de forces dans les attributs de la volonté qui sont à présent au nombre de 4. La volonté se transforme alors en taava (convoitise). Quelle différence existe t-il entre la volonté et la convoitise ? La volonté c’est vouloir ce qui nous est destiné, malgré les obstacles pour l’obtenir. La convoitise est une volonté « extrémiste » qui nous rend avide de choses ne nous appartenant pas. Ainsi, la convoitise c’est désirer ce qui est à l’autre sans se satisfaire de ce que l’on a déjà, d’où un surplus de forces (3 + 1).

Par conséquent, l’homme de l’exil aura à cœur – c’est le cas de le dire - de réaliser sur terre (la Mal’hout) ses désirs contrairement à l’homme de la Délivrance qui, lui, agira « comme un roi » dans le seul but de réaliser la volonté du maitre du monde c’est-à-dire de « Lui réaliser une Demeure ici-bas ».

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