PESSAH : La Bedikat Hamets

Avant le soir du 14 Nissan, on doit procéder à un nettoyage très minutieux des pièces de la maison, mais aussi des terrasses, des couloirs etc., afin qu’il n’y reste pas de ‘hamets (de levain). Il faut également vérifier les poches des vêtements et les cartables des enfants, pour ne pas avoir à le faire le soir du 14 Nissan lors de la recherche du ‘hamets. Le Ari zal nous enseigne que celui qui fait en sorte de ne posséder aucune quantité de ‘hamets quelle qu’elle soit durant Pessa’h, est garanti de ne pas fauter tout au long de l’année.

1. Le soir du 14 Nissan on procède à la recherche du ‘hamets à la lumière d’une bougie. Le temps de la bédikat ‘hamets commence immédiatement après la sortie des étoiles, c'est-à-dire 20 minutes après le coucher du soleil. Cependant, si quelqu’un a fait la bédikat ‘hamets après le coucher du soleil et avant la sortie des étoiles, sa recherche est acceptée. (A priori il ne faut pas procéder ainsi !!)

Dans un tel cas, le mieux sera qu’il continue encore un peu la bédikat ‘hamets après l’apparition des étoiles. Où rechercher le ‘hamets ? On procède à la bédikat ‘hamets dans toute la maison, dans les coins et recoins, les trous, les fentes, tous les espaces étroits, dans chaque pièce, mais également sur les terrasse, dans les jardins et les voitures. On fera particulièrement attention de bien vérifier les garde-mangers, les placards de la cuisines, les réfrigérateurs, les congélateurs etc. C’est pour cela qu’il faut vérifier toutes les pièces de la maison, bien que l’on soit sûr de ne jamais y avoir mangé de ‘hamets.

Il n’est pas nécessaire de vérifier les livres. Dans les maisons où se trouvent des enfants en bas-âge, il faudra également vérifier sous les lits et les armoires, car ils y mettent souvent leurs gâteaux. Bien qu’une telle recherche du ‘hamets soit épuisante, il n’y a pas lieu d’être moins strict, car nos sages nous l’ont enseigné : « léfoum tsa’ara hagra », « c’est en fonction de l’effort que l’on reçoit le salaire ! » Lors de la recherche, on a l’habitude de disperser dix morceaux de ‘hamets (moins de 27 gr. chacun) dans les quatre coins de la maison, afin de les trouver durant la bédikat ‘hamets, et de les détruire le lendemain matin avec le reste du ‘hamets se trouvant dans la maison.

2. La bédikat ‘hamets doit être effectuée à la lumière d’une bougie de cire. Il est interdit de faire la bédikat ‘hamets à l’aide d’une torche, car on ne peut pas la rentrer dans les trous et les espaces les plus étroits de la maison.

Si l’on s’est trompé en procédant à la bédika avec une torche, cette recherche ne vaut rien, on devra donc la refaire avec une bougie, mais sans dire les bénédictions qui la précèdent. La bougie de la havdalah est considérée comme une torche car ses mèches ne se touchent pas alors que ses flammes se rejoignent. Si on ne dispose pas d’une bougie, il sera permis d’utiliser une petite lampe électrique de poche, qui peut entrer dans les espaces les plus étroits pour procéder à la bédikat ‘hamets. Même dans ce cas, on dira les bénédictions avant la bédika.

On ne doit pas procéder à la bédikat ‘hamets avec une bougie faite en ‘hélèv (‘hélèv : graisses animales provenant des entrailles de la bête, elles sont interdites à la consommation). En effet, on risque d’être plus préoccupé par la bougie, de peur qu’une goutte de ‘hélèv tombe sur nos couverts et les rende non-kacher, que par la bédikat ‘hamets elle-même. De même, on n’utilisera pas une bougie faite de chouman (graisses animales kacher), pour la même raison que le ‘hélèv mais par rapport aux couverts de lait. Egalement, on ne fera pas la bédikat ‘hamets avec une lampe à huile, ou bougie à huile (nèr chémèn), car on ne peut pas la rentrer dans tous les espaces étroits, et que l’on craindra de salir la maison. Cependant, a posteriori, si on a procédé à la bédika avec une de ces trois bougies, on est tout de même acquitté de la mitsva. Si quelqu’un a fait la bédikat ‘hamets le 13 Nissan au lieu du 14, il ne sera pas nécessaire de recommencer le 14 Nissan.

3. Il est interdit de manger une quantité de pain ou de gâteaux supérieure à celle de kabétsa (env. 50g. litt. Comme un œuf), à partir d’une demi-heure avant la sortie des étoiles. Une quantité inférieure à kabétsa est permise à la consommation.

En ce qui concerne les autres aliments, tels que les fruits, les légumes ou le riz, il est permis d’en consommer sans limite, et, à plus forte raison, boire du café ou du thé. De même, il est interdit de commencer à travailler dans la demi-heure qui précède la bédikat ‘hamets.

Cependant, si on a commencé à travailler ou à manger lorsque cela était encore permis, on ne sera pas obligé de s’arrêter une demi-heure avant la sortie des étoiles, mais celui qui s’arrêtera recevra une grande bénédiction. Aussi, il est interdit de commencer à étudier la Torah à compter de la sortie des étoiles jusqu’à ce que l’on ait procédé à la bédikat ‘hamets. Par contre, si on a commencé avant l’heure de la bédika, on ne sera pas obligé d’arrêter.

Cependant, s’il s’agit d’un cours public donné tous les soirs, à la synagogue par exemple, il sera permis de tenir ce cours le soir du 14 Nissan avant la bédika, bien qu’il risque de se poursuivre plus d’une heure plus tard.

En effet, lorsqu’il s’agit d’un cours public, les gens se mettent en garde les uns les autres, afin de ne pas oublier de faire la bédikat ‘hamets. ATTENTION : lorsqu’on parle de cours public, il s’agit de cours de halakha, du Daf Yomi, de Michenayoth ou de ‘Houmach, mais surtout pas de cours de Gémara (Talmud) tels qu’on les donne dans les Yéchivot (écoles talmudiques), composés d’argumentations et raisonnements nombreux et profonds, de peur que par la ferveur qui les anime, les étudiants oublient de faire la bédikat ‘hamets. S’il est clair que même en repoussant le cours public plus tard dans la nuit, tout le monde y assistera, il sera alors préférable de le repousser.

4. Si à la sortie des étoiles, on n’a pas encore prié ‘arvith (la prière du soir), bien que ce soit l’heure de la bédikat ‘hamets, on priera ‘arvith avant de faire la bédika. Si quelqu’un d’autre se trouve là, on lui demandera de nous rappeler de procéder à la bédikat ‘hamets.

5. Avant la bédikat ‘hamets on dit la brakha suivante : « Baroukh ata Ado-naï Elo-hénou mélèkh ha’olam, acher kidéchanou bémitsvotaw wétsivanou ‘al bi’our ‘hamets » (Béni, Tu es, Hachem notre D.ieu, Maître du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements, et nous a ordonné sur la destruction du ‘hamets).

Si on a dit « wétsivanou léva’èr ‘hamets » à la place de « wétsivanou ‘al bi’our ‘hamets », on s’est tout de même acquitté de la brakha. Il est interdit de parler entre la brakha et la bédikat ‘hamets, si on a parlé de choses qui n’ont aucun lien avec la bédika, on devra redire la brakha. Par contre, il est permis de parler, pendant la bédika, de choses nécessaires à celle-ci, mais pas d’autres choses, et ce, jusqu’après le bitoul ‘hamets (l’annulation du ‘hamets que l’on prononce après la bédika). Mais si on a parlé pendant la bédika on ne redira pas la bénédiction. Il est permis de répondre au Kadich, ou de dire la brakha sur le tonnerre si on l’entend, ainsi que de dire la brakha « acher yatsar » lorsqu’on est allé des toilettes.

6. On est tenu de faire la bédikat ‘hamets dans tous les locaux qui nous appartiennent, même si ceux-ci se trouvent à l’autre bout du monde. Dans un tel cas, on nommera quelqu’un à notre place pour accomplir cette mitsva.

Si les différents locaux que l’on possède se trouvent proche de la maison, on ne fera qu’une seule brakha, au moment de la bédika de la maison, et on procèdera à la bédikat ‘hamets dans tous les locaux. Par contre, s’ils sont éloignés, on dira une première brakha dans la maison, en pensant à ne pas s’acquitté de la brakha pour les autres locaux. Ensuite, on ira faire la bédikat ‘hamets dans les autres locaux en redisant la brakha. Si le maître de maison désire faire participer d’autres personnes à la bédikat ‘hamets de sa maison, il dira la brakha en pensant à acquitter les autres, et eux penseront à s’en acquitter et répondront « amen » (sans dire « baroukh hou ouvaroukh chémo »).

Ainsi, ils pourront tous participer à la recherche. Si le maître de maison ne veut pas, ou ne peut pas faire lui-même la bédikat ‘hamets, il ne dira pas la brakha. Il nommera quelqu’un d’autre pour faire la bédika qui dira lui-même la brakha. On doit aussi procéder à la bédikat ‘hamets dans les synagogues et les batéi midrachot (maisons d’études), car les enfants qui viennent avec leurs parents pour l’étude ou la prière mangent parfois des aliments qui contiennent du ‘hamets et les font tomber dans les recoins de ces lieux.

Cette tache incombe au chamach ou au gabay de ces endroits qui sont les gardiens des lieux saints. Bien que l’on nettoie ces lieux le 13 Nissan, il faut y pratiquer la bédikat ‘hamets, comme l’ont décrété ‘Hazal (nos sages de mémoire bénie). Mais on ne dira pas la brakha pour cette bédika, seulement, lorsqu’on dira la brakha pour la bédika de leur maison, on s’en acquittera pour la synagogue. Une pièce dans laquelle on dépose le ‘hamets afin de la vendre à un non-Juif le matin du 14 Nissan, n’a pas besoin de bédikat ‘hamets la veille.

7. Si on a une voiture, bien qu’on l’ait nettoyée avant la nuit du 14 Nissan, qu’on ait l’intention de l’utiliser pendant Pessa’h ou non, on sera obligé de procéder à la bédikat ‘hamets dans la voiture. Juste on ne dira pas la brakha « ‘al bi’our ‘hamets » pour cette bédika.

8. Après la bédikat ‘hamets, on procèdera au bitoul ‘hamets (l’annulation du ‘hamets). Le texte de l’annulation doit être comprit par celui qui le prononce. C’est pour cela que quelqu’un ne comprenant ni l’hébreu, ni l’araméen, devra dire le bitoul ‘hamets dans une langue qu’il comprend.

Si on a dit le bitoul ‘hamets sans le comprendre, on ne s’est pas acquitté de cette mitsva et on devra le redire dans une langue que l’on comprend. On dit le texte suivant trois fois : « Kal ‘hamira dé`ika birchouti, déla ‘hazitéh oudéla bi’artéh, livtil wéléhéwé [la 3ème fois on rajoute : hèfqère] ké’afra déar’a ». Le voici en français : « Que tout ferment ou levain se trouvant en ma possession, que je n’ai pas vu et que je n’ai pas détruit, soit annulé [la 3ème fois on rajoute : abandonné] et considéré comme la poussière de la terre. »

Si le maître de maison a nommé quelqu’un pour procéder à la bédikat ‘hamets et au bitoul ‘hamets à sa place, c’est tout de même lui qui devra dire la formule du bitoul. Cependant, si le préposé l’a dit à la place du maître de maison en disant : « Que tout ferment ou levain se trouvant en la possession de « un tel » (dire le nom du maître de maison), soit annulé et considéré comme la poussière de la terre », l’annulation sera considérée comme bonne. Une femme peut dire le bitoul ‘hamets, à la place de son mari, si celui-ci ne se trouve pas à la maison, et qu’elle ne soit pas sûre que son mari le dise depuis l’endroit où il se trouve. Elle dira alors : « Que tout ferment ou levain se trouvant en la possession de mon mari, soit annulé et considéré comme la poussière de la terre. »

9. Tout le ‘hamets dont on aura besoin pour notre consommation le soir et le matin du 14 Nissan (dans la Torah la journée commence le soir), devra être conservé dans un endroit particulier, afin de ne pas en répandre dans tous les coins de la maison.

A cet effet, on fera très attention à ce que les enfants ne mangent du ‘hamets sans surveillance, de peur qu’ils aillent en mettre dans toute la maison. Le lendemain matin (14 Nissan au matin), à l’approche de l’heure à laquelle il est interdit de profiter du ‘hamets, on procèdera à la mitsva de la Torah de Bi’our ‘hamets (destruction du ‘hamets), comme il est dit : « tachebitou séor mibatékhem », « vous détruirez le levain de vos maisons ! », en brulant le ‘hamets qui était encore chez nous. Les femmes sont, elles aussi, obligées de détruire le ‘hamets, ainsi, si un homme ne se trouve pas chez lui à l’heure pour détruire le ‘hamets, sa femme n’attendra pas qu’il rentre, mais elle le détruira elle-même.

Après avoir brulé le ‘hamets, on dira de nouveau une formule d’annulation du ‘hamets, c’est le second bitoul ‘hamets (à dire trois fois). En voici le texte : « Kal ‘hamira dé`ika birchouti, dé’hazitéh ou déla ‘hazitéh, débi’artéh oudéla bi’artéh, livtil wéléhéwé [la 3ème fois on rajoute : hèfqère] ké’afra déar’a », en français : « Que tout ferment ou levain se trouvant en ma possession, que je l’ai vu ou que je ne l’ai pas vu, que je l’ai détruit ou que je ne l’ai pas détruit, soit annulé [la 3ème fois on rajoute : abandonné] et considéré comme la poussière de la terre. »

10. Pour les horaires de la bédikat ‘hamets, du bitoul ‘hamets et du bi’our ‘hamets, ainsi que celles de l’entrée en vigueur des différents interdits concernant le ‘hamets, consultez le Rabbin de votre communauté.

11. Après avoir pris le petit déjeuner, le 14 Nissan au matin, on se lavera bien les dents, de peur qu’il y reste du ‘hamets coincé, même en très petite quantité. En effet, s'il en reste lorsqu’on mangera un autre aliment, ce ‘hamets risque de se détacher, ainsi, on consommera du ‘hamets après que l’interdit d’en consommer soit entré en vigueur (Que D.ieu nous en préserve). Les gens qui mettent un dentier, devront très bien le nettoyer et le rincer, de sorte qu’il n’y reste plus aucune trace de ‘hamets. Cependant, il n’est pas obligatoire d’ébouillanter le dentier, comme pour les ustensiles de vaisselle.

A suivre...

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