POURIM : Pourim et son nom

Pourquoi la fête de Pourim porte t-elle ce nom?

Nos Sages se posent la question : Pourquoi la fête de Pourim porte-t-elle ce nom ?

La Guemara répond : « C'est parce qu'il est écrit : Hipil pour hou ha-goral lifnei Haman ("on jeta le pour , c'est-à-dire le sort, devant Haman" – Esther 3, 7), ce qui veut dire que Haman a tiré au sort la date à laquelle il allait exterminer les Juifs. D'où le nom Pourim qui vient de la racine pour ("tirage au sort"). »

On peut se demander pourquoi la dénomination de cette fête doit rappeler un aussi petit détail parmi tous les miracles dont nous avons bénéficié pendant cette période.

De plus, si l'on faisait réellement référence au tirage au sort de Haman, la fête aurait dû s'appeler Pour (au singulier), et non Pourim (au pluriel) !

Il existe dans la Tora d'autres circonstances qui faisaient intervenir des tirages au sort. C'est ainsi qu'à Yom Kippour il fallait choisir deux boucs et tirer au sort entre les deux pour savoir lequel irait la-‘azazel et serait jeté du haut d'une montagne pour expier les fautes des enfants d'Israël, et lequel serait offert en sacrifice à Hachem .

De même pouvons-nous lire que, lors de la conquête d' Erets Yisrael , Yehochou‘a (Josué) a procédé à un tirage au sort pour diviser le pays entre les différentes tribus, faisant ainsi pleinement confiance à Hachem pour le meilleur partage possible.

Selon le point de vue de la Tora , dans certaines circonstances en tirant au sort, on se remet entièrement entre les mains de Dieu : Hachem va nous révéler la Vérité.

Haman, quant à lui, n'a pas tiré au sort pour savoir ce que Hachem allait décider. Il a procédé à un goral , à un tirage au sort car il pensait que tout vient par hasard. Il a laissé faire la Nature en espérant « avoir de la chance ».

A travers ce seul détail, le tirage au sort, on comprend la position de Haman tout au long de sa vie : Il ne prenait en considération dans l'existence que le pour , le hasard, les effets naturels.

Par ce tirage au sort, il se croyait tout-puissant, convaincu que la chance lui sourirait.

A l'instant même où Haman allait demander à Assuérus la permission de pendre Mardochée, à ce même moment ce roi a eu une insomnie et a demandé qu'on lui lise « le livre des chroniques ». C'est alors qu'il s'est rendu compte que Mardochée n'avait pas encore été récompensé de l'avoir sauvé. Au lieu de détruire celui-ci, Haman s'est retrouvé contraint de l'honorer en le promenant à travers la ville. Il ne s'est absolument pas remis en question, et ne s'est pas demandé pourquoi la situation s'était inversée : Il a mis cet épisode sur le compte de la « malchance ». A aucun moment, il n'a émis l'idée d'une intervention divine.

Tout au long de la Meguila , nous observons que tous les événements qui auraient dû causer notre perte ont été en fin de compte les clés de notre délivrance.

Si les Juifs, en effet, ont été menacés de destruction, c'est parce qu'ils avaient pris part au festin organisé par le roi et assisté à ses festivités. A cause de cela, Haman est devenu Premier Ministre, car c'est lui qui avait conseillé au roi de tuer sa femme Vachti lorsqu'elle avait désobéi à son mari. Immédiatement après, Haman décida de tuer les Juifs.

Mais même dans une telle situation, Hachem nous a redonné un espoir. Cette même se‘ouda qui aurait dû être la cause de leurs malheurs a été à l'origine de leur yechou‘a , de leur délivrance. Il fallait, maintenant que Vashti était morte, choisir une nouvelle reine : c'est d'Esther que viendra cette délivrance. C'est de la même où ils avaient péché, de cette se‘ouda , que va venir leur salut.

C'est là même où Haman croyait qu'il allait vaincre qu'il a été vaincu. C'est lui qui a été pendu et les benei Yisrael ont été sauvés !

A Pourim , il y a eu deux tirages au sort : celui que Haman a voulu nous imposer, et celui qui nous est réellement arrivé. Tout a dépendu de notre comportement. Par leur techouva exemplaire, les Juifs ont réussi à inverser le courant de l'Histoire : Wenahafokh hou .

Nous avons entre nos mains le cours de l'histoire ; en fonction de nos actions, un événement ou son inverse peut nous arriver ; tout dépend de nous.

Si le kelal Yisrael se rend compte que chaque action, bien qu'elle semble dictée par la nature, est en fait issue d'une décision divine, alors il pourra être sauvé.

Et tout ce qui nous arrive se transformera alors en une véritable yechou‘a !!!

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