La foi du juif

Par la grâce de D.ieu,
le, 4 Adar (1),
Brooklyn, New-York

Je vous salue et vous bénis,

… Les livres sacrés établissent, et chaque Juif y croit de toute sa foi, que D.ieu et Lui seul “ nourrit chacun et satisfait ses besoins ”. C’est ce que nous affirmons dans la bénédiction suivant le repas et même dans son premier paragraphe, instauré par Moché notre maître, “ notre D.ieu, Roi du monde, Qui nourrit le monde entier… Il est le D.ieu Qui nourrit chacun et satisfait ses besoins ”.

D.ieu souhaite conférer aux Juifs le mérite de mettre en pratique les Mitsvot. Il est donc fréquent qu’Il soumette quelqu’un à une épreuve, en lui transmettant les moyens financiers destinés à assurer la subsistance d’une autre personne ou d’une institution. Dès lors, on vérifie si le dépositaire de cet argent a bien compris qu’on lui a confié la mission de le remettre à celui à qui il revient de droit.

S’il s’avère qu’il est possible de s’en remettre à lui et de lui faire confiance, on lui accorde la récompense de la Mitsva de la Tsédaka, dont il est dit que “ l’homme reçoit l’intérêt dans ce monde, mais le capital lui est conservé pour le monde futur ”. De plus, D.ieu lui maintiendra Sa confiance et lui confiera encore d’autres missions. Ses affaires fructifieront et il aura ainsi le moyen de subvenir aux besoins d’autres personnes et d’institutions. Il sera le canal par lequel celles-ci obtiendront les moyens de leur existence.

Bien évidemment, le mauvais penchant ne peut pas supporter une telle situation. Il cherche donc, par tous les moyens, à convaincre l’homme qu’il n’a pas gagné cet argent parce que telle est la Volonté de D.ieu, mais bien parce qu’il est particulièrement avisé, fin commerçant. Ce qu’il possède est donc le résultat de son dynamisme et de son intelligence. Il en est ainsi le propriétaire absolu, car il a une valeur que ne possède pas le “ sot ”, incapable de gagner autant d’argent que lui. Il acceptera, néanmoins, de lui rendre un service et de lui offrir quelques cents.

En conséquence, celui qui aura reçu ces quelques cents devra comprendre qu’on a été particulièrement bon à son égard. Il devra s’emplir d’une immense reconnaissance, le bénir personnellement et non, comme on le fait après le repas, en affirmant que D.ieu “ nourrit chacun et satisfait ses besoins ”. Il devra, bien au contraire, être convaincu que sa subsistance lui vient d’un homme. S’il refuse de l’admettre, on n’aura aucune obligation envers lui puisque l’on est le véritable propriétaire de cet argent.

Pour écarter une conception à ce point erronée, on demande à chaque Juif de proclamer, dès son réveil, que “ Tu m’as restitué mon âme avec miséricorde ”. Ainsi, c’est uniquement par un effet de Sa miséricorde que D.ieu restitue son âme à l’homme. De même, la première requête que nous formulons, dans la prière du Chemoné Essré, est la suivante : “ Tu accordes le discernement à l’homme. Fais que nous puissions l’obtenir ”, afin de prendre conscience que nul ne possède l’intelligence intrinsèque, la clairvoyance et le jugement. Tout dépend de D.ieu, dont on doit recevoir les bienfaits à tout instant.

Lorsqu’un homme a le mérite de ne pas se laisser convaincre par son mauvais penchant, il peut demeurer, pour de longs jours et de bonnes années, l’émissaire de D.ieu, chargé de transmettre leurs moyens financiers à plusieurs personnes et, plus généralement, de financer ce qui concerne la Torah et les Mitsvot.

S’il n’en a pas le mérite, ce qu’à D.ieu ne plaise, il est inutile de préciser ce qui en découlera, car chaque Juif souhaite dire et écrire uniquement ce qui est positif. Pour autant, il faut bien savoir ce qu’il en est. ...

Avec ma bénédiction,

M. Schneerson


(Adapté d'un extrait de la lettre N° 2033)

(1) de l'année 5713

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