Le respect des parents

Nous estimons nécessaire de poursuivre la réflexion déjà amorcée dans notre commentaire de la semaine passée, sur la paracha YITHRO, relatif au Respect des Parents (5eme commandement).

Nous croyons utile d’insister sur l’enseignement qui doit s’en dégager. Ainsi, parmi les passages cités par ABRAVANEL, au nom du Talmud, on peut déduire une analogie entre le respect dû à D.ieu et aux parents, il en est un qui se rapporte à notre paracha. En effet, il est écrit : « Celui qui maudit son père et sa mère sera puni de mort. » (Exode XXI, 17). Par ailleurs il est écrit : « Celui qui maudit son D.ieu sera mis à mort. » (Lévitique XXIV, 15).

MAIMONIDE insiste sur le châtiment commun dont nulle part ailleurs ne sont passibles les paroles irrévérencieuses. Notre Tradition nous enseigne que D.ieu a conféré aux parents une partie de sa dignité. Il exige donc pour eux le respect et la même crainte, ainsi qu’il est écrit : « Révérez chacun votre mère et votre père et observez mes sabbats. » (Lévitique XIX, 3). « Craindre, signifie qu’il ne faut pas prendre la place de son père, s’asseoir sur son siège, contredire ses paroles ou agir contrairement à son opinion. Honorer, c’est lui fournir les aliments, ses boissons, ses vêtements, le gîte et l’aider en tout. » (Talmud KIDOUCHINE 31 b). Cette prévenance à l’égard de nos parents n’a rien perdu de son actualité, et pourtant que de plaintes nous arrive-t-il d’entendre de la part de personnes âgées, complètement abandonnées de leurs enfants, quand ils ne sont pas déjà maltraités. La Torah nous permet de réfléchir à ces questions d’une extrême gravité.

Dans le cinquième commandement, le père est mentionné en première place, tandis que dans le second passage cité, celui de Lévitique XIX, 3, il est d ’abord question de la mère. Pour expliquer cette différence, on doit se baser sur l’attitude psychologique de l’enfant envers chacun de ses parents. Dans ce texte du Talmud KIDOUCHINE, 30 b, on nous enseigne ceci : « Il fut révélé en connu devant « Celui qui dit l’univers fut » qu’un fils aura tendance à honorer sa mère plus que son père, parce que sa mère le gagne par des paroles pleines de bonté. C’est pourquoi, le Saint béni soit-Il, donna au père le premier rang dans le commandement concernant l’honneur à rendre aux parents. Il fut également révélé et connu devant D.ieu qu’un fils a tendance à craindre son père plus que sa mère, parce que c’est son père qui lui enseigne la Torah. Aussi, le Saint béni soit-Il donna à la mère le premier rang dans le commandement relatif à la crainte que l’on ressent vis-à-vis de ses parents. (Talmud KIDOUCHINE 30 b).

Même dans un cas de provocation de la part des parents, ce respect doit être maintenu, en supposant par exemple le cas où les parents seraient en infraction par rapport aux préceptes de la Torah. Toujours dans ce texte talmudique (KIDDOUCHINE 32 a) on nous enseigne : « Si un homme voit son père transgresser une prescription de la Torah, il ne doit pas lui dire : « Mon père, tu violes la Torah... »n mais : « Mon père, tel ou tel verset de la Torah nous enseigne que.... » pour laisser au père le soin de tirer personnellement la conclusion de son infraction.

En fait, l’honneur que l’on témoigne aux parents doit résulter d’un sentiment cultivé et d’une tendresse réelle. Nous lisons dans le Talmud : « Un homme qui avait nourri son père de volailles grasses hérita de l’enfer, tandis qu’un autre qui avait fait travailler son père au moulin, hérita du paradis. Comment cela pouvait-il être possible ? Dans le premier cas, à la question posée par le père pour connaître la provenance des volailles, le fils avait répondu brutalement : « Vieux, mange et tais-toi, car les chiens mangent sans parler. » Dans le second cas, le fils était en train lui-même de moudre au moulin quand arrivé l’ordre du roi réquisitionnant les meuniers. Il dit alors à son père : « Prends ma place ici et j’irai moudre pour le roi, de sorte que s’il y a quelque affront à subir ou des coups à recevoir, il vaut mieux que ce soit moi qui les subisse. » (PEAH - Talmud de JERUSALEM 3 b).

Nous connaissons de nombreux exemples de savants réputés, ayant témoigné un respect particulier à leurs parents. Pour ce qui est de la manière de mettre ce commandement en pratique, le ZOHAR dit ceci : « C’est en réalisant des bonnes actions que l’homme honore le plus son père et sa mère, ainsi qu’il est écrit : "« Le père du Juste tressaille d’allégresse, celui qui a donné la vie au sage trouvera sa joie en lui. » (ZOHAR - MICHPATIM)."

On doit aller jusqu’à mettre à la disposition des parents tout l’argent que l’on possède pour les honorer. On doit à son père et à sa mère les mêmes honneurs qu’à D.ieu, car l’homme appartient à trois associés : D.ieu, le père et la mère. (Talmud - NIDDAH 31 a). La semaine dernière, nous avions déjà indiqué que la Torah promettait la longévité en récompense de l’observance de ce cinquième commandement du Décalogue. Par longévité, la Bible veut nous parler de la vie éternelle. En disant : « sur la terre que D.ieu te donnera » (Deutéronome XI, 21), le texte veut nous indiquer qu’il s’agit de cette région supérieure d’où l’on contemple la majesté divine comme dans un miroir qui réfléchit la lumière.

On peut se demander pour quelle raison la longévité n’est-elle promise comme récompense que dans les deux commandements suivants : « Honore ton père et ta mère » (Exode XX, 12) et « Si tu rencontres en ton chemin un nid d’oiseaux...... Tu es tenu de laisser envoler la mère, sauf à t’emparer des petits » (Deutéronome XXII, 6-7) ? Parce que les deux commandements valent à l’homme la vie éternelle, même s’il ne les accomplit pas avec l’intention d’agir selon la volonté de D.ieu. Par contre, pour toutes les autres bonnes actions que l’on réalise, elles ne valent à l’homme la vie éternelle que s’il les accomplit dans le but de faire la volonté de D.ieu. Ce qui est essentiel, ce n’est pas tant l’action que l’intention qui l’a déterminée. (ZOHAR sur YITHRO).

Nous pouvons en déduire que le respect des parents, ainsi que la piété pour leurs sentiments relève d’un domaine supérieur. En accomplissant les commandements les concernant, l’homme révère à la fois ses parents, et sans s’en douter, également Celui qui est à l’origine de toute vie.

La conclusion à tirer de cette étude est inspirée du passage figurant au Deutéronome « comme te l’a prescrit l’Eternel ton D.ieu. » Il exprime le caractère sacré de cette prescription relative à tous les commandements divins, en exigeant de nous le degré de perfection qu’il faut apporter dans cet amour pour nos parents, avec une sollicitude sans limites. C’est sans doute là le véritable secret du bonheur humain et de la qualité exceptionnelle que nos enfants entretiennent avec leurs parents. Mais tout réside malgré tout dans le savoir-faire des mères. Par leur tendresse et leur amour sans bornes, elles parviennent à maintenir dans les familles l’équilibre nécessaire entre les générations passées et futures.

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