Les graves interdictions de la diffamation et de la médisance

1. Celui qui épie les faits et gestes de son prochain et rapporte à son sujet des propos diffamants transgresse un interdit, car il est dit (Vayikra 19,16) : « Ne va point colportant le mal parmi les tiens ».

Bien qu’on ne soit pas passible pour cela de la peine du fouet, appliquée seulement à celui qui transgresse un interdit par un acte, et non par la parole, c’est un grave péché, qui entraîne la mort d’un grand nombre de Juifs. C’est pourquoi, l’Ecriture a accolé à cette interdiction, le commandement (ibid.) : « Ne sois pas indifférent au danger de ton prochain ».

On peut tirer une leçon de ce qui est arrivé à Doeg l’Iduméen qui mourut prématurément pour avoir causé la mort des quatre-vingt-cinq Cohanim de la ville de Nov en révélant à Chaoul que David avait trouvé refuge dans cette ville (voir I Chémouel chap. 22 et Sanhédrin 106b).

 

2. Ce péché présente quatre degrés de gravité : Il y a d’abord le colporteur (voir Vayikra 19,16). Qui est le « colporteur » ? C’est celui qui affirme des choses et va de l’un à l’autre en racontant : « Untel a dit ceci et cela sur toi » ou « J’ai entendu qu’Untel a dit ceci et cela à ton sujet ». Même si c’est vrai, il amène la destruction sur le monde. Une faute bien plus grave est incluse dans le même verset : la médisance, c’est-à-dire raconter du mal de quelqu’un, même si le récit est parfaitement vrai et ne s’accompagne d’aucun commentaire méprisant ou réprobateur.

Au troisième degré de gravité, le calomniateur, qui lance des accusations mensongères. Et enfin le professionnel de la médisance, qui a l’habitude de s’asseoir et de dire : « Untel a fait ceci et cela ; ses parents étaient ceci et cela, et j’ai entendu celui et cela à son sujet » en le dénigrant. C’est à son sujet qu’il est écrit (Tehilim 12,4) : « Que l’Eternel supprime toutes les langues mielleuses, les lèvres qui s’expriment avec arrogance ».

 

3. Les Sages disent (Talmud de Jérusalem, Pèa 1,1) : « On subit un châtiment dans ce monde et on perd le droit au monde futur pour ces trois transgressions : l’idolâtrie, la fornication et le meurtre. Quant à la médisance, elle est aussi grave que toutes les trois réunies ».

Les Sages ont encore déclaré (ibid.) : « Médire, c’est comme renier D.ieu, car il est écrit (Tehilim 12,5) : « Ceux qui disent : Par notre langue nous triomphons, nos lèvres sont notre force ; qui serait notre maître ? »

Et les Sages ont encore affirmé (‘Arakhine 15b): « La médisance fait trois victimes : l’auteur, celui qui y ajoute foi et la personne concernée. Celui qui y ajoute foi commet une faute encore plus grave que celui qui l’a proférée ».

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