Suivre l'exemple

Bien que la moitié du travail consiste à savoir que faire, l'autre moitié, la plus difficile, consiste elle à savoir comment le faire.

Lorsque nous étudions la personnalité d'une grande figure du judaïsme, nous comprenons facilement pourquoi ils ont agi de la sorte; ce que nous ne comprenons pas en revanche c'est comment ont ils fait?

Savoir ne suffit pas.  

Car on peut connaître le bien et le garder sous forme de connaissance, ce qu'il faut, c'est exiger le bien, je dis bien exiger et pas demander (le yétser hara n'a que faire de nos demandes).  

Cette force, cette exigence existe déjà en nous (c'est donc pratique il n'est pas nécessaire de l'inventer ou de la créer, il nous suffit de savoir s'en servir).

Cette exigence là, marche à plein régime dans tout ce qui est matériel, et nous permet de subir les difficultés du travail.  

Pourquoi marche t-elle dans le matériel ? Parce que le matériel on le ressent.

Si on arrivait à ressentir nos besoins spirituels de la même façon qu'on ressent nos besoins matériels le travail serait beaucoup plus facile, l'envie d'avancer brûlerait au fond de nous.

Notre problème est donc d'apprendre à ressentir les besoins spirituels.

Chance! cette notion existe aussi en nous.  Rabbenou Yona explique que le moteur qui nous pousse à avancer est: « la pureté et la noblesse de notre âme ».

Il est vrai qu'il est pratiquement impossible de définir rationnellement cette notion, cependant elle existe, on la ressent, on l'utilise tous les jours.

« On ne remplira jamais la néchama » Eclésiaste chapitre 1.

Ce qui veut dire que notre âme est rongée par une soif qui la dévore et qui n'est jamais assouvie, car on essaye de la rassasier d'éléments matériels.  

Mais que peut le limité pour l'illimité.  

En effet, notre âme n'a pas de limite, c'est pour cela que les petits joujoux matériels ne l'intéresse pas.  La place du désir est dans la Torah.  Là, le potentiel est illimité et notre âme pourra courir de niveau en niveau, sans fin. (Rav Tsadok)

La Guémara nous dit: « l'heure où le premier né doit naître, les représentants du ciel le font jurer: sois juste et ne sois pas mauvais, et même si tout le monde te dit que tu es juste considère toi comme mauvais ».  

Car le sentiment de nécessité d'avancer, ne doit pas tirer sa source du jugement des autres mais de notre noblesse d'âme comme cité plus haut.  

On peut aussi ajouter qu'au contraire si on le félicite trop, c'est que ce qu'il fait, est trop 

visible;  il y a donc un problème.  

Il est clair que plus une chose est précieuse, plus elle est cachée.

Dans les banques on mettra à l'abri dans les plus grands coffres forts que les plus grosses valeurs comme les diamants ou l'or, pas les centimes, qui eux seront gardés mais pas aussi bien, leur valeur étant inférieure.

L'homme aussi cache ses sentiments très profonds parce qu'il sait qu'ils ont une énorme valeur et si tout le monde s'est rendu compte que cet homme est un juste, cela veut dire que son comportement et sa valeur du bien et du mal sont exposés à tous.

Est ce une façon de garder ce que l'on a de plus précieux?

C'est pareil pour les règles de Tsniout, on ne couvre pas le corps parce qu'il est moche, mais parce qu'il est précieux.  Et comme tout bien précieux il se doit d'être à l'abri.  

Le niveau de Tsniout d'une personne est le reflet de l'estime qu'elle a envers elle même. 

 

Allons un peu plus loin. Il y a 2 façons d'avancer :

1/ Sentir qu'il nous manque quelque chose.

2/ Sentir qu'on se doit d'aller encore plus loin. 

Les 2 façons nous aident à avancer.  Cependant la première est limitée, on peut sentir qu'on a atteint nos objectifs, on peut se sentir incapable, on peut croire avoir atteint nos objectifs, on peut se détourner de cette voie si elle n'est plus intéressante à nos yeux. 

Par contre celui qui se base sur sa noblesse d'âme ne se rassasie pas, ne se satisfait pas, ne se fatigue pas, ne s'ennuie pas à toujours avancer et à repousser sans arrêt ses limites qu'il considère comme des étapes dans sa quête infinie de perfection.  (Le Rabbenou Yona précise il s'agit de la « pureté » de la néchama, cette notion qu'on ne comprend pas et qu'on se permet souvent de traiter à la légère alors qu'au contraire on ne le comprend pas parce qu'elle nous dépasse.  C'est une des raisons peut être pour laquelle les enfants sont toujours optimistes, curieux, actifs, prêts à découvrir et à changer, ils ne sont peut être pas plus forts que nous, ils sont juste plus purs).

Exemples : Moché, Myriam, Yo'heved  (et malheureusement Jéroboam: exemple vivant que la connaissance ne suffit pas).

Ce que nous ressentons est capital pour nous aider à avancer. Ressentir le besoin d’avancer et le meilleur moteur dont nous disposons . Cependant, cette notion a deux tranchants. En effet, ressentir le mal ressenti nous pousse a faire du mal mais plus encore, il peut détourner notre façon de penser à son avantage. C’est une arme redoutable dont dispose le Yetser hara ;elle marche aussi bien avec les imbéciles que les intelligents.

Jéroboam, de triste mémoire n’était pas stupide. Cet homme a détourné le peuple d’Israël en entier pour une simple question d’honneur. Le problème c’est que lorsqu’il s’en est rendu compte, il était déjà trop tard, il n’arrivait plus à reculer.

Son calcul paraît logique, en tant que dirigeant du peuple, il est normal qu’il soit respecté. D’autant plus qu’il est le garant de la Thora dans son royaume. Comment pouvait-il se retrouver à Jérusalem, dans le temple, en présence du roi de Juda et se déshonorer .Seuls les rois de Juda avaient le droit de s’asseoir dans le temple, allait-il rester debout comme un simple valet ?non, bien sûr, il valait mieux pour lui de ne pas y aller, tout simplement. Dans ce cas comment va t-on accomplir la Thora en dehors du temple ? Il faudra inventer une nouvelle Thora.

S’il s‘était conformé à la Thora, il nous aurait évité pareille catastrophe; mieux, il serait arrivé à ses fins. Si le peuple l’avait vu, prêt à rabaisser son honneur pour accomplir la parole de D…,il est certain qu’il en serait ressorti admiré et respecté.

Comment est-ce qu’un homme d’une rare intelligence, se laisse t-il prendre dans un piège aussi ridicule ? C’est simple, cela s’appelle l’orgueil, cette sensation d’orgueil l’a maîtrisé, détourné, manipulé. Ce qui l’intéressait c’était ce qu’il avait fait, pas ce qu’il devait faire, il ne sentait plus qu’il avait besoin d’avancer, il a fini par reculer.

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