Paracha Emor

                                                  Paracha Emorאֱמֹר

Ce Shabbat nous lisons la Parasha Emor qui traite d’une part des lois de pureté des Cohanim et d’autre part de la période du "Omer", les 49 jours de préparation au don de la Thora (Shavouot) où l’on doit perfectionner nos "Midot" (qualités, vertus). La Parasha nous rappelle aussi les fêtes en nous précisant à quel moment nous devons les célébrer.

Au début de la Parasha A’harei Mot (Perek 21 Passouk 1), Hachem demande à Moché : לְנֶפֶשׁ לֹאיִטַּמָּא בְּעַמָּיו אֲלֵהֶם אֱמֹר אֶלהַכֹּהֲנִים בְּנֵי אַהֲרֹן וְאָמַרְתָּ « Dis au Cohanim, fils de Aharon, tu leur diras : pour une âme, il ne se rendra pas impur dans ses peuples… »

- Pourquoi la redondance « Dis… tu leurs diras »? :

Rachi nous enseigne de la Guemara Yevamot (Daf 114a) : להזהיר גדולים על הקטנים

« Que les Grands prennent garde sur les Petits »… pour ne pas que l’interdiction soit enfreinte.

Remarque :

- « Grand » peut vouloir dire Homme Sage ou Adulte.

- « Petit » peut vouloir dire Homme Simple ou enfant.

Un Midrash interprète l’explication de Rachi de la façon suivante :

Si un homme simple fait une « ‘Avera » (faute), il est préférable de faire une remarque dessus de façon générale en s’adressant à tout le monde (également aux Grands) que de s’adresser à lui directement (Homme simple qui ne sait pas) afin de ne pas lui faire honte...

Dans la Guemara Yoma il est enseigné : le « Cohen Gadol » (grand prêtre) doit avoir toutes les qualités, à la fois physiques, morales et spirituelles mais aussi matérielles. En effet, il est dit au (Perek 21 Passouk 10) : וְהַכֹּהֵן הַגָּדוֹל מֵאֶחָיו « Le Cohen plus grand que ses frères »… 

Nos ‘Hakhamim expliquent « plus grand que ses frères » : le « Cohen Gadol » devait être plus riche. Rabbi Yonathan disait גדול הוא משל אחיו (il est grand grâce à ses frères) dans le sens où s’il n’était pas riche, les Béné Israël devait le combler de biens afin qu’il le devienne.

Dans la Massekhet Pirké Avot (Michna 21), il est enseigné au sujet d’un jeune homme, que l’âge idéal pour se marier est de 18 ans comme il est dit : בן שמנה עשרה לחפה « âgé de 18 ans, le mariage »

Dans notre Parasha, il est mentionné : le Cohen Gadol doit se marier avec une fille « Betoula » (vierge) comme il est dit au (Perek 21 Passouk 13) : וְהוּא, אִשָּׁה בִבְתוּלֶיהָ יִקָּח « Et lui une femme dans sa virginité il prendra… »

Dans le Sefer Tehilim (Tehilim 19, Passouk 6) il est dit : והוא כחתן יוצא מחפתו « Celui-ci, pareil au jeune époux sortant de sa chambre nuptiale… »

Nous remarquons que le mot וְהוּא utilisé dans les 2 cas ci-dessus, ont une valeur numérique de 18 faisant référence à l’âge idéal pour le mariage mentionné dans le Pirké Avot.

Remarque :

Le 33e jour du Omer (« Lag Baomer ») est le jour où l’on célèbre le plus grand nombre de mariages car tout au long des 49 jours du Omer il est interdit de se marier… Nous remarquons aussi : le jour de « Lag Baomer » tombe toujours le 18 du mois d’Iyar.

Remarque (fête de Soukot) :

Au sujet de la Souka, que l’on doit construire et où l’on doit résider pendant les 7 jours de la fête de Soukote.

1. Il est écrit « Bassoukot Techvou Shiv’at Yamin » (vous résiderez dans la soukkah 7 jours) et la Guemara explique : « Techvou kehem tadourou » (vous y résiderez = comme si vous y habitiez)

Il faut donc 4 murs comme ceux d’une maison

2. Les ‘Hakhamim nous enseignent : le fait qu’il soit écrit 3 fois le mot « Bassoukot »

On tire l’enseignement que 3 murs suffisent pour une Souka

3. De la Torah Orale (Halakha Moché Misinaï) nous apprenons

D’après la loi, seuls 2 murs et un petit 3e d’une mesure de 1 « Tefa’h » (~8-10cm) suffisent

‘Hidoush :

En analysant l’écriture du mot סכה (Souka) nous apprenons ces 3 enseignements :

ס : la lettre Samekh a 4 cotés

כ : la lettre Khaf a 3 cotés

ה : la lettre Hé a 2 cotés et une partie du 3e

Histoire :

Un jour un Rav demanda à un juif non pratiquant de faire Téchouva. Mais ce dernier lui répliqua qu’il voulait profiter de ce monde si à fond ! Et que selon lui, ça n’était pas trop compatible avec la religion...

Le Rav lui raconta alors l’histoire suivante : Un roi avait une fille unique qui malheureusement était très moche, à tel point qu’aucun homme ne voulait l’épouser.

Le conseillé du roi proposa alors de la marier à un non voyant très beau, pour, à la fois satisfaire les exigences de la princesse et aussi pour ne pas que celui-ci prenne conscience de la laideur de sa femme. Quelques années après le mariage, le bilan s’avère être très positif.

Tous les deux, lui roi et elle reine sont heureux, épanouis et riches… Un jour un médecin de grande renommé trouva le remède pour redonner la vue à ceux qui ne l’avaient pas. Cette intervention chirurgicale est d’un coût très élevé... Bien sûr ! le jeune roi se précipita pour en bénéficier et promit au médecin de le payer une fois qu’il ouvrira enfin les yeux pour admirer son palais, sa femme et tout ce qui l’entoure…

De retour dans son palais, il est à la fois émerveillé par la splendeur de ses trésors, ses diamants… la beauté de son palais et de ses propriétés… Mais, il est surtout sous le choc face à la laideur de sa propre femme et devient tout malheureux … Il retourna alors chez le médecin pour lui faire remarquer qu’il ne lui donnerait pas un sou ! Cette opération chirurgicale n’a fait que chambouler sa vie et lui a causé une énorme déception… Le médecin lui réplique que s’il est si malheureux ! Il suffit de revenir à son état de non voyant… Bien sûr ! Le jeune ne l’accepta pas !... La vue étant devenue pour lui la chose la plus précieuse au monde…

Il en est de même pour nous dans ce monde, où nous jouissons de tous les biens matériels sur terre… Mais que valent toutes ses jouissances sans la vue ? La vue c’est la vie !! Hachem nous donne la vie sur terre pour accomplir la Torah et les Mitsvort. C’est en quelque sorte le prix à payer pour mériter de pouvoir ouvrir les yeux et vivre, afin de découvrir le אמת « Emeth » (la vérité dans ce monde).

A propos du mot EMETH, voici un Dvar Torah que j’ai entendu du Rav Sitruck. (Qu’Hachem lui envoie une Refoua Shelema complète ! Amen)

La vie d'un juif consiste à trouver le אמת « EMET » (la vérité), dans le sens découvrir Hachem en réalisant sa mission sur terre dans la voie de la Torah et Mitsvot ...

Le mot אמת « EMET » s'écrit en hébreu avec אמ « EM » (la mère) et מת « MET » (la mort). Depuis que notre mère nous a donné la vie, jusqu'à la mort il faut rechercher le EMET.

La lettre מ « Mem » centrale du mot EMET a la valeur numérique 40 qui représente la vie, la naissance. En effet :

- 40 ans dans le désert pour la naissance du peuple d'Israel

- 40 jours sur la montagne du Sinaï pour le don de la torah (naissance de la religion)

- 40 jours après l'ovulation on dit que l'âme du bébé descend sur terre (naissance d'une vie avec une âme) ...

- 40 Séa d'eau (une mesure d'eau minimum) pour le Mikvé (bain rituel) où l'on se trempe pour se purifier (sorte de renaissance spirituelle...)

Notre Parasha rappelle les fêtes juives en nous précisant à quel moment nous devons les célébrer au (Perek 23) et utilise 3 fois l’expression בְּעֶצֶם הַיּוֹם הַזֶּה « en ce même jour là »

- Pourquoi avoir utilisé le mot בְּעֶצֶם « en ce même » ?

Nos ‘Hakhamim expliquent : pendant les fêtes, les Béné Israël apportaient des sacrifices au Beth Hamikdash et que le « ‘Avoda » (service, travail) effectué par le Cohen Gadol servait de « Kapara » (d’expiation des fautes pour se rapprocher d’Hachem) au peuple d’Israël.

Aujourd’hui, nous n’avons pas le Beth Hamikdash pour faire les sacrifices…, le mot בְּעֶצֶם nous précise que le respect du jour de fête lui-même sert d’expiation au peuple d’Israël…

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