Paracha Michpatim

LES "MICHPATIM" et "LES KHOUKIM"

Les preceptes promulgues sur le Mont Sinai ont ete explicites et detailles dans les 613 "Mitsvot" (commandements) celle-ci fixent les rapports entre l'homme et ses semblables, d'une part, et entre les juifs et D-ieu, d'autre part; les unes portent le nom de "Michpatim", qui a donne le nom a notre Parasha; et les autres ce sont les "Khoukim".

Les "Michpatim" sont les lois que nous comprenons generalement sans trop de difficultes, car elles regissent les regles de la societe et notre rapport avec le monde environnant.
Quand aux "Khoukim" elles regissent les rapports de l'homme avec D-ieu elles conduisent l'homme a respecter l'ordre du monde issu de D-ieu. Ces regles sont beaucoup moins evidentes que les precedentes et c'est a celle ci que s'attaquera le "Yetser HaRa" (mauvais penchant), et les opposants a la foi juive.

LA COMPREHENSION DES "MITSVOT"

Le premier point a poser c'est que l'observance par l'homme des commandements n'est pas fondee sur la raison, car l'obligation de s'y soumettre n'est pas liee a son consentement.
La croyance en l'origine divine de la Thora est le principe fondamental du judaisme, sur cette base il ne nous reste plus qu'a accepter le joug des preceptes divins, meme si nous n'en comprenons pas le sens, comme un enfant mange du pain, sans savoir comment on le cuit.

La Thora a parfois explique les motifs de certaines "Mitsvot", mais elle n'a pas expose toutes ses raisons, et s'est souvent contentee d'allusions; car les "Mitsvot" ont de multiples raisons, comme les membres ont de multiples fonctions.

LA "CACHEROUTE"

Un exemple de "Khoukim" que nous trouvons dans notre parasha, c'est par exemple l'interdiction de cuire le chevreau dans le lait de sa mere. De ce commandement decoulent une grande partie des lois de la "cachroute" (lois alimentaires).
Les interdictions alimentaires n'ont rien avoir avec des considerations d'ordre hygienique, car si tel etait le but de la Thora, elle se situerait au meme niveau qu'un petit traite de medecine.

Je peux certes dire que le fait, d'utiliser le lait destine a faire vivre l'animal pour le faire cuire, c'est faire violence aux lois de la nature. Mais chercher une motivation dans la "Mitsvah" en lui octroyant une forme specifique, en realite la limite et l'etiole. En outre, quand il me semble comprendre la signification de la "Mitsvah" et que de ce fait je suis motive pour l'accomplir parce que j'en comprends le sens et la portee, en cela je manque de naturel; et plus grave encore, je suis pret a la chute: car il peut arriver un moment ou les choses seront en contradiction avec la conception que j'en ai, ou une situation pourra se presenter, qui contredira la structure specifique que j'avais accordee a la "Mitsvah". Qu'arrivera-t-il alors. ?

 

LA TABLE : "LE MICHKAN" (l'autel)

La conception du judaisme en ce qui concerne la nourriture, est qu'elle n'est pas uniquement une necessite vitale suscitee par l'instinct de conservation. C'est aussi et avant tout un processus qui consiste a elever les manifestations primaires de la vie a un niveau superieur: du mineral au vegetal eleve ensuite au niveau animal et finalement au niveau de l'homme.
Les rabbins du Talmud ont affirme que "la table de l'homme ressemble a l'autel" (Brakhot 15 a) autrement dit le seul fait de manger ressemble encore qu'imparfaitement, au rituel du Temple qui consistait a elever les energies du monde materiel vers le monde de la saintete.
La minutie des lois alimentaires a pour ultime fondement cette conception: manger est d'avantage qu'un acte utilitaire, c'est un rituel qui consiste a elever la matiere; et ce processus doit obeir a de multiples exigences pour reussir.
Respecter ces lois permet de realiser un "Tikoun" ("reparation-elevation") correct de la matiere. Alors qu'en consommant des aliments impurs ou improprement melanges, non seulement on manque le "Tikoun" mais de plus, l'homme, au lieu d'elever la matiere l'abaisse; et en l'abaissant l'homme lui aussi tombe plus bas.

LES "MITSVOT" "TIKOUN" DU MONDE

Enfreindre une loi alimentaire constitue une fusion avec le monde du mal; mais c'est egalement une atteinte au reseau de relations qui unissent le corps et l'ame. Il ne s'agit pas ici de rapports physiques ou intellectuels, mais des possibilites specifiques qu'a l'ame de s'elever.

Chaque partie du corps de l'homme, chacune des formes d'expression de sa pensee et de son ame est reliee par des milliers de fils a autant de forces, de moteurs et de mondes superieurs; aussi bien, toute action humaine a-t-elle une portee universelle et cosmique. Etre juif, c'est essentiellement etre conscient de cette enorme pouvoir et vouloir en user de la maniere la plus parfaite.

Ce qui constitue la specifite du judaisme, ce n'est pas la croyance en un seul D-ieu; ou l'amour du prochain, mais l'observance de la Thora.
C'est pourquoi il est impossible d'adherer au judaisme de facon purement spirituelle: Il faut pratiquer les commandements positifs et s'abstenir des commandements negatifs; cette acceptation des "Mitsvot" n'est pas une question de sentiment personnel.
En pratiquant les "Mitsvot", le juif ne se sauve pas seulement lui meme , en marquant toute son existence d'un sceau de saintete, mais il sauve aussi son peuple et le monde.

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