Paracha Vayikra

« Si un homme, parmi vous, veut offrir à l’Eternel une offrande de bétail… » (Vayikra 1 : 2).

Rachi commente « Un homme » (adam) implique que l’offrande de tout homme doit pouvoir être comparée à celle d’Adam le premier homme. De même que Adam n’apporta aucune offrande qui ne soit sa propriété pleine et entière, personne ne pourrait apporter une offrande provenant d’un vol ou d’une origine douteuse (Midrash). Pourquoi est-il nécessaire de faire état de cette interdiction une nouvelle fois alors que la Torah a déjà clairement signifié l’interdiction formelle du vol ?

En fait, il existe un verset dans Isaïe (61 :8) qui précise « Parce que Moi, l’Eternel, j’aime la Justice et déteste les sacrifices provenant du vol ». Que peut-on tirer comme leçon nouvelle des mots « Si un homme, parmi vous… » ?

Les commentateurs expliquent qu’il n’était nul besoin, pour la Torah, de répéter l’interdiction d’apporter des bêtes volées en sacrifice, donc ce message devait certainement avoir une signification différente ou complémentaire. En fait, en comparant nos sacrifices à ceux d’Adam, la Torah insiste pour nous préciser qu’un bien ou une somme d’argent acquise avec la moindre trace de malhonnêteté, ne saurait être apporté en offrande.

Si, par exemple, une personne se prétend abusivement Talmid ‘Hakham et, de ce fait, reçoit une assistance de personnes qui souhaitent aider les étudiants en Torah, la somme ou le bien reçu ainsi, est considéré comme le fruit d’un abus de confiance pur et simple. Autre exemple : lorsqu’une personne demande de l’argent à un ami et que celui-ci, trop embarrassé pour le lui refuser, y consent malgré tout, il ne le fait pas de bon coeur… dans ce cas, l’Eternel ne souhaite pas une offrande provenant de cet argent. Au début de la section Terouma, Dieu dit à Moïse : « Qu’ils prennent pour Moi un prélèvement de tout homme qui s’exécutera de bon coeur ».

C’est de cette seule manière que Dieu aime à accepter une offrande. Et il doit s’agir d’un bien personnel. C’est pourquoi, la section Michpatim qui concerne les questions d’argent, les lois civiles et commerciales, précède la Paracha Terouma qui, elle, traite des offrandes en vue de la construction du Michkan. Avant de faire un don, il faut s’assurer que cette Mitsva sera accomplie par des voies honnêtes.

A défaut, la Mitsva est considérée comme provenant d’une malversation « Ainsi la Justice est flouée et la vertu se tient à distance » dit un verset d’Isaïe. Il arrive en effet, qu’une personne, après avoir détourné des sommes importantes, décide de faire un don conséquent, pensant qu’il effacera ainsi ses mauvaises actions et qu’il obtiendra son expiation.

Le Kli Yakar fait un rapprochement entre le verset (1 : 2) de Vayikra (cité plus haut) et les versets de Kedochim (19 : 10, 11) « Tu ne recueilleras point les grains épars de ta vigne… abandonne-les au pauvre, à l’étranger; Je suis l’Eternel Ton Dieu – Tu ne commettras point de vol… ». Quel rapport pourrait-il y avoir entre l’interdiction du vol et le fait de laisser une part aux pauvres ? Peut-être pour nous enseigner que la mitsva de Pea, Leket et Chikha (prélèvements sur les récoltes) destinée aux pauvres, ne suffira pas à « laver l’argent sale ».

En fait, la Torah veut nous préciser que, même si l’on accomplit la mitsva relative aux pauvres, on reste pleinement responsable des transactions illicites qu’on pourrait commettre… Le Gaon de Vilna affirmait qu’un croyant ne verra pas fructifier son étude de la Torah si, chez lui, il existe même une seule épingle ne lui appartenant pas parce que, dit-il, « L’Eternel ne fait demeurer sa Chekhina que sur ses loyaux serviteurs qui se refusent à toute action malhonnête ».

Quand le Rav Schlomo Zalman Auerbach devint Roch Yechiva de Kol Torah à Baït Vagan, il empruntait quotidiennement l’autobus depuis Shaaré Hessed où il demeurait. Le Comité de la Yechiva l’incita à prendre un taxi aux frais de l’institution mais le Rabbi refusa net. « l’argent appartient à la Yechiva et il doit servir exclusivement à des actions de bienfaisance et non pour payer des taxis ! » dit-il. Mais les membres du Comité eurent une idée « Cela vous demande au moins une demi-heure de plus pour voyager en autobus plutôt qu’en taxi, pourquoi ne pas consacrer cette précieuse demi-heure à l’enseignement ? ». Considérant l’avantage dont ses étudiants pourraient bénéficier, il se résigna à accepter de retourner à son domicile en taxi (Ha Meor Hagadol).

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