Parachiot Ah'aré Mot - Kedochim

Paracha A’harei Mot-Kedochimקְדֹשִׁים - אַחֲרֵי מוֹת

 

Ce Shabbat nous lisons 2 Parashiot A’harei Mot et Kédochim qui traitent d’une part du service du « Cohen Gadol » (Grand Prêtre) le jour de Kippour et d’autre part de la « Kedoucha » (Saintete). Hachem en s'adressant à tout Israël, du plus petit au plus grand, leur demande d'être Saints. Et la raison invoquée c'est que Hachem lui même est Saint…

Au début de la Parasha A’harei Mot (Perek 16 Passouk 1), Hachem demande à Moché d’enseigner à Aharon le « Cohen Gadol » les lois relatives aux services dispensés au Beth Hamikdash (dans le saint des saints « Kodesh Hakodashim ») le jour de Kippour comme il est dit :  לִפְנֵייְהוָה, וַיָּמֻתו  וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל מֹשֶׁה, אַחֲרֵי מוֹת, שְׁנֵי בְּנֵי אַהֲרֹןבְּקָרְבָתָם ּ « Hachem parla à Moché, après la mort des 2 fils de Aharon qui, en se rapprochant devant Hachem, sont morts  »…

 

- Pourquoi avoir mentionné encore une fois la mort de Nadav et Avihou, les fils de Aharon avant d’énoncer les recommandations à suivre pour le service de Yom Kippour ? :

 

Rachi nous ramène une comparaison au nom de Rabbi El’azar Ben ‘Azaria : C’est comme un malade au chevet duquel se rend un médecin. Celui-ci lui dit : « Ne mange pas d’aliments froids, et ne te couche pas dans un endroit humide ! » Vient un autre médecin qui lui dit : « Ne mange pas d’aliments froids, et ne te couche pas dans un endroit humide, afin que tu ne meurs pas comme est mort untel ! ». Le 2nd la mis plus efficacement en garde que le 1er.

      C’est la raison pour laquelle il est écrit « après la mort des 2 fils de Aharon… ». Pour nous apprendre : sous peine de mort, seul le Cohen Gadol est autorisé à pénétrer dans le « Kodesh Hakodashim » (saints des saints) et ce, seulement le jour de Kippour.

 

- Nous savons bien que Nadav et Avihou étaient de grands « Tsadikim ». Alors comment se sont-ils permis d’entrer dans le « Kodesh Hakodashim » le jour de Kippour ?

Il existe plusieurs Midrashim qui expliquent leur geste. La Guemara nous enseigne : les fils de Aharon avaient déjà atteint le niveau du Cohen Gadol pour pouvoir se permettre d’accéder au « Kodesh Hakodashim ».

- Quel rapport y a-t-il entre le sujet qui traite du grand jour du pardon « Yom Kippour » et la mort des 2 fils de Aharon ?

On en tire l’enseignement suivant :

A) De même que le jour de Kippour sert à expier toutes les fautes du « ‘Am Israël » effectuées l’année passée…

B) De même, la mort de Tsadikim (comme Nadav et Avihou) sert d’expiation de fautes de sa génération…

Au (Perek 16 Passouk 13,) au sujet du service de Yom Kippour il est dit :  אֶתהַכַּפֹּרֶת אֲשֶׁר עַלהָעֵדוּתוְלֹא יָמוּת וְנָתַן אֶתהַקְּטֹרֶת עַל הָאֵשׁ, לִפְנֵי יְהוָה וְכִסָּה עֲנַן הַקְּטֹרֶת « le Cohen Gadol donnera l’encens sur le feu devant Hachem, la nuée de l’encens couvrira le propitiatoire qui est sur le témoignage et il ne mourra pas… »

Au temps du Beth Hamikdash il existait des Réformistes que l’on appelait les « Tsidoukim » (Samaritains qui n’observaient que la Torah Ecrite), contrairement à nous les « Pérouchim » (Pharisiens qui observons la Torah Ecrite et la Torah Orale).

Au sujet de l’encens à donner sur le feu :

-         Les « Tsidoukim » considèrent qu’il faut d’abord allumer le feu de l’encens (qui générera des parfums et de la fumée) avant de rentrer dans le « Kodesh Hakodeshim ». Car il est dit au sujet d’Hachem (Passouk 2) כִּי בֶּעָנָן, אֵרָאֶה עַלהַכַּפֹּרֶת « car dans la nuée j’apparaîtrai dans le propitiatoire… »

-         Comme la Guemara Yoma (Daf 53b) le précise, nous les « Pérouchim », nous considérons d’après le (Passouk 2) qu’il faut d’abord allumer une « Ma’alé ‘achan » herbe spéciale qui génère de la fumée puis entrer dans le « Kodesh Hakodeshim » pour se trouver « devant Hachem » comme le précise le (Passouk 13), et ensuite allumer les encens…

      La Guemara Yoma rapporte un cas où un Cohen Guadol des « Tsidoukim » se présenta au « Kodesh Hakodashim » en allumant l’encens avant de rentrer. A sa sortie il fut frappé par un « MalAkh » (ange) qui l’exécuta sur le champ…

Au temps des Romains, le titre de Cohen Gadol était mis aux enchères par les Romains. Et pour ne pas en arriver à une situation catastrophique, le « Beth Din » de l’époque faisait prêter serment au Cohen Gadol avant qu’il n’entre au « Kodesh Hakodashim » pour effectuer le service selon la loi des « Pérouchim »…

Au (Perek 16 Passouk 16) il est dit que le Cohen Gadol doit sacrifier un bouc pour expier les fautes des « Béné Israël » puis il est dit  :  … וְכֵן יַעֲשֶׂה, לְאֹהֶל מוֹעֵד, הַשֹּׁכֵן אִתָּם, בְּתוֹךְ טֻמְאֹתָם « Et ainsi fera-t-il pour la tente d’assignation… qui réside avec eux au milieu de leur impureté »

Rachi explique « qui réside avec eux au milieu de leur impureté » : même si les Béné Israël sont impurs, la « Chekhina » (présence divine) réside parmi eux.

 Le Zohar Hakadosh nous enseigne : dans cette situation d’impureté du peuple, la « Chekhina » au sein du peuple d’Israël est à l’image d’une mère au petit soin pour son enfant. - On peut se demander pourquoi pas l’image d’un père ?

Les ‘Hakhamim nous enseignent : le père a plus de « Ra’hmanout » (miséricorde) que la mère envers leur enfant. Mais, par amour la mère est plus dévouée que le père  pour être au petit soin de son enfant, même quand celui-ci est sale… 

D’où le lien entre la « Chekhina » et la mère…

La Parasha Kedochim traite de la « Kedousha » (sainteté) que le peuple d’Israël doit préserver en lui. Hachem dit à Moché :  אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם כִּי קָדוֹשׁ דַּבֵּר אֶל כָּל עֲדַת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם קְדֹשִׁים תִּהְיו ּ« Parle à toute la communauté des fils d’Israël, tu leur diras : Soyez saints ! Car  je suis saint, moi Hachem votre Elokim »

Rashi explique qu’être saint, consiste avant tout à s'écarter de la débauche et des pêchés en général, car dit-il, partout où tu trouveras une barrière devant la débauche, tu trouveras mention de la sainteté.

La Guemara qui regroupe toutes les règles concernant le mariage s’appelle « Kedouchim » (Sanctification). La signification fondamentale du concept de  sainteté, c'est essentiellement la séparation : ce qui est « Kadosh » (saint) est intouchable, consacré, interdit...

Dans la cérémonie du mariage, lorsque l'homme passe la bague au doigt de sa future épouse, il lui dit: הרי את מקדשת לי בטבעת זו כדת משה וישראל  (« Haré At MeKoudeshet Li Bétabaat zo kedat Moché Véisraël » = Te voilà sanctifiée pour moi selon la loi de Moïse et d'Israël)

Ce qui n'est pas sans rappeler la demande qu’Hachem a faite aux Béné Israël : « Soyez saints », car finalement le mariage est un rempart à la débauche.

       Lorsqu'un homme épouse une femme, celle-ci n’est consacrée désormais qu’à lui, elle est interdite aux autres hommes, donc l'acte des « Kedouchim » (Mariage) consiste à se séparer de la débauche.

Remarque :

Il est interdit d’épouser une femme sans l’avoir vue en vrai au préalable ! De peur qu’un mariage arrangé ne convienne finalement pas à l’un des 2…

Histoire Vraie (le père de Rabbi Mechoulam Igra):

Le père de Rabbi Mechoulam Igra était dans sa jeunesse un excellent « Ba’hour Yeshiva ». Une fois en âge de se marier, tous les Rabbanim proposaient leur propre fille en « Shidoukh » (rencontre en vue d’un mariage) mais sans succès.

Un jour, il avoua finalement à ses parents que seule la vendeuse de légumes, issue d’une famille très simple l’intéressait vraiment et ce, du fait que jamais de toute sa vie, il n’avait porté son regard sur une fille. Mais un jour, alors qu’il faisait son marché, la vendeuse de légumes lui raconta une anecdote qui le fit sourire et relever la tête pour porter sans faire attention le regard sur elle.

Comme à son niveau, le fait même de porter un regard sur cette fille était une ‘Avera (transgression), il voulu transformer cette transgression en « Mitsva » (bonne action) en lui demandant, par la suite, sa main…

Ce qui lui valu le mérite d’avoir un fils Tsadik comme Rabbi Mechoulam Igra.

 

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