Pirkei Avoth : Chapite 3

Les Maximes des Pères constituent un traité de la Michna. Il est de tradition d'en lire successivement un chapitre chaque Chabbat après midi, depuis le Chabbat suivant immédiatement Pèssah jusqu'au Chabbat précédant Chavouôt.

Avant lecture de chaque chapitre, le passage suivant est récité (Michna, Sanhédrin 10:1) : Tout Israël a part au monde à venir, comme il est dit : « Et Ton peuple, tous des justes [justifiés], héritera pour toujours du pays, surgeon de Ma plantation, œuvre de Mes mains, pour la glorification » (Isaïe 60,21) (Sanhédrin 10:1)

Chapitre III

7. Rabbi Halafta, fils de Dossa, de la bourgade de Hanania, disait : « Si dix hommes sont assis ensemble et s'adonnent à l'étude de la Tora, la Chekhina (présence divine) résidera au milieu d'eux, ainsi qu'il est dit : ‘‘Dieu se tient dans l'assemblée divine'' (Psaumes 82,1). Et d'où sait-on qu'il en va de même pour cinq ? Du verset : ‘‘Il a établi Sa faction sur la terre'' (Amos 9,6). Et pour trois ? Du verset : ‘‘C'est parmi les juges qu'Il jugera'' (Psaumes 82,1). Et pour deux ? Du verset : ‘‘Ceux qui craignaient Dieu s'entretenaient l'un avec l'autre ; l'Éternel prêta attention à leurs paroles''. Et pour un seul ? Du verset : ‘‘En tout lieu où J'évoquerai Mon Nom, Je viendrai vers toi et te bénirai'' (Exode 20,24). »

8. Rabbi Élâzar de Bartota disait : « Donne Lui [à Dieu] ce qui lui appartient, car toi et tout ce que tu as, vous êtes à Lui. Il en fut ainsi de David qui disait : ‘‘Car tout vient de Toi, même ce que nous T'offrons provient de Ta main'' (I Chroniques 29,14). »

9. Rabbi Chimôn [autre version : rabbi Yaâkov] disait : « Celui qui va en chemin, médite la Tora et interrompt son étude pour s'exclamer : ‘‘Que cet arbre est beau !'' ou ‘‘que ce champ est bien labouré !'', l'Écriture le lui compte comme s'il était redevable de sa vie. »

10. Rabbi Dostaï, fils de rabbi Yanaï, rapportait au nom de Rabbi Méir : « Celui qui oublie une seule chose de ce qu'il a appris, l'Écriture le lui compte comme s'il était redevable de sa vie, car il est dit : ‘‘Garde toi soigneusement et préserve bien ton âme d'oublier les choses que tes yeux ont vues'' (Deutéronome 4,9). Mais cela s'applique t il aussi à celui qui oublie une chose parce qu'il ne l'aurait pas assimilée ? Non, car l'Écriture ajoute : ‘‘Que ces choses ne s'écartent jamais de ton cœur tout au long de ta vie'' (ibid.). Ainsi ne devient-on redevable de sa vie que lorsqu'on les écarte sciemment de son cœur. »

11. Rabbi Hanina, fils de Dossa, disait : « Celui chez qui la crainte de la faute précède la sagesse, sa sagesse perdurera. Mais celui chez qui la sagesse précède la crainte de la faute, sa sagesse ne perdurera pas. »

12. Il disait aussi : « Celui dont la vertu excède sa sagesse, sa sagesse perdurera. Mais celui dont la sagesse excède sa vertu, sa sagesse ne perdurera pas. »

13. Il disait encore : « Celui qui est apprécié des hommes est aussi apprécié de D…, mais celui qui n'est pas apprécié des hommes ne l'est pas non plus de D…. »

14. Rabbi Dossa, fils de Harkinas, disait : « (prolonger) le sommeil du matin, (abuser du) vin de midi, (se complaire dans) les conversations futiles avec les enfants et (fréquenter une) synagogue des gens du vulgaire, c'est extraire l'homme hors du monde. »

15. Rabbi Elâzar Ha-modaï disait : « Celui qui profane les choses saintes, dédaigne les fêtes religieuses, fait pâlir le visage de son prochain en public (en lui faisant honte), enfreint l'alliance d'Abraham notre père, et dévoile des facettes (arrogantes) à l'égard de la Tora (second sens : qui développe des aspects de la Tora non conformes à la Loi orale), un tel homme, même s'il est érudit en Tora et accomplit de bonnes actions, n'aura point part au monde futur. »

16. Rabbi Yichmâël disait : « Sois affable avec ton supérieur et doux avec la jeunesse ; accueille tout homme dans la joie. »

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