Tanya : Chapitre 33

 

Chapitre 33

 

Likouteï Amarim: chapitre 33

L 'Admour Hazaken explique dans ce chapitre qu'il est bon de raffiner son âme et de la réjouir, de temps à autre, en méditant à l'unité véritable de D.ieu, sur son unicité et sur la façon dont toute la création Lui est annulée, comme si elle n'existait même pas.

 

 [Au chapitre 31, le Alter Rebbe a discuté des diverses méthodes pour éveiller la joie et pour dissiper la tristesse due aux fautes spirituelles.  Le chapitre 33 reprend ce thème] . 

 

עוד זאת תהיה שמחת הנפש האמיתית, ובפרט כשרואה בנפשו בעתים מזומנים שצריך לזככה ולהאירה בשמחת לבב

Il existe un autre moyen pour l’homme de conduire son âme à la joie véritable, particulièrement à ces instants spécifiques où il trouve nécessaire de purifier son âme et de l'illuminer avec la joie du coeur: 

אזי יעמיק מחשבתו ויצייר בשכלו ובינתו ענין יחודו יתברך האמיתי

Il doit alors profondément réfléchir et se représenter dans son intellect et sa compréhension le sujet de la véritable unité de Dieu. 

 

[Comme cela a déjà été expliqué, la notion d’unité de Dieu ne signifie pas seulement qu’Il est un Seul Dieu, un Créateur, mais que, de plus, Dieu est le seul véritable être existant, rien n'existe vraiment en dehors de Lui, comme cela sera expliqué plus loin ]. 

 

 

איך הוא ממלא כל עלמין עליונים ותחתונים

L’homme doit considérer comment Dieu pénêtre tous les mondes, supérieurs et inférieurs. 

 

[Tout  comme l'âme s’insinue dans le corps, ainsi Dieu pénétre tous les mondes pour les animer. Cet investissement se rapporte à faculté de la force vitale divine qui s'adapte à la capacité de chaques êtres ou créatures individuelles pour la recevoir, et pour cette raison le Alter.Rebbe distingue ici "les mondes supérieurs" et "les mondes inférieurs": dans "les mondes supérieurs (plus spirituels) " la révélation de cette force vitale est plus grande, puisque leur capacité est plus grande]. 

ואפילו מלא כל הארץ הלזו הוא כבודו יתברך

L’homme doit considérer comment même ce monde est empli de la gloire divine. 

 

[Ceci se rapporte à la force vitale divine qui "enveloppe" tous les mondes, et qui les anime comme "d'en haut", sans s'adapter à la nature particulière de chaque créature, de sorte que même ce monde physique matériel "est empli de Sa Gloire"], [1] –

 

וכולא קמיה כלא חשיב ממש

et comment tout est comme le néant sans aucune réalité en Sa Présence. 

 

והוא לבדו הוא בעליונים ותחתונים ממש כמו שהיה לבדו קודם ששת ימי בראשית, וגם במקום הזה שנברא בו עולם הזה, השמים והארץ וכל צבאם, היה הוא לבדו ממלא המקום הזה

Dieu est Un Unique dans les royaumes supérieurs et inférieurs, tout comme Il était Unique avant les six jours de la création, [quand rien n’existait indépendamment de Lui; ainsi maintenant, quand tous les mondes ont été créés, Il est toujours Un et Unique puisque toute la création est insignifiante devant lui, comme cela sera expliqué plus loin]. Même dans le lieu où ce monde - les cieux, la terre et toutes leur armées - furent créés, Il était Unique et emplissait cet espace. 

 

גם עתה כן הוא לבדו בלי שום שינוי כלל, מפני שכל הנבראים בטלים אצלו במציאות ממש

De même également maintenant;  Il est Un Unique, sans aucun changement que ce soit.  Car par rapport à Lui, l'existence même de tous les êtres créés est tout à fait annulée devant Lui.

 [De sorte que depuis Sa perspective, tout reste juste comme c’était avant la création].

 

[RSZ présente ici cette notion d’annulation devant Dieu avec une analogie concernant l’âme humaine qui retrace l'évolution d’une idée ou d'un désir au moment où il se produit d'abord en son esprit et son coeur. 

 

A cette étape, l'idée (ou le désir) est informe, n’ayant pas encore la forme ou l’apparence des mots. 

C'est un désir pur, une idée pure. Le désir d'une personne qui parle anglais, par exemple, ne sera aucunement différent de celui d'une personne parlant hébreu. 

 

C’est seulement quand il a atteint l'étape de l’application, ou l’état de pensée pratique, que l'idée ou le désir prend la forme de ce qui s'appelle les "lettres de la pensée", qui peuvent plus tard être exprimées en parole. 

 

Maintenant, "les lettres" de la pensée et de la parole, naturellement, sont contenues comme à l’état de semence dans l'idée originelle ou le désir originel - elles le sont à tel point que leur existence est complètement annulée;  c’est comme si ces "lettres" étaient inexistantes;  seulement l'idée ou le désir est ressenti.

 

Expliqué avec les termes que RSZ utilise, l'idée et le désir sont décrits en tant qu'élément des "dix forces de l’âme", dont trois [‘HaBaD] appartiennent à l'intellect, et sept [les middots] consitituent la gamme émotionnelle de l’homme. 

 

Ces dix facultés sont la "source et la racine" de la pensée et de la parole, parce qu’une personne  pense et parle de ce qu'elle comprend ou ressent. 

Ces facultés sont appellées "la substance et l'essence de l'âme", en comparaison de la pensée et de la parole qui sont simplement « les vêtements de l'âme », c.-à-d., ses modes d'expression externe. 

 

Pour relier l'analogie au point de l'étude:  chaque créature tire son existence et sa vie de la "parole divine", c.-à-d., "les lettres" de l’ordre divin qui l'a créé. 

 

Puisque rien n'est "extérieur" à Dieu, cette « parole créatrice » et les êtres qu’elle a créés sont de ce fait contenus en Dieu, tout comme les mots qu’une personne exprime ont été précédemment contenus dans le désir du coeur. 

 

Toute la création est donc annulée devant Dieu, tout comme "les lettres" de la parole sont annulées devant l'idée ou le désir qui sont leur source, où seulement le désir est ressenti, pas "les lettres." 

 

Dans les mots de RSZ ]: 

 

כביטול אותיות הדבור והמחשבה במקורן ושרשן, הוא מהות הנפש ועצמותה, שהן עשר בחינותיה, חכמה בינה ודעת וכו׳

[Toutes les créatures sont annulées devant Dieu] tout comme les lettres de la parole et de la pensée sont annulées dans leur source et leur racine, c.-à-d., la substance et l'essence de l'âme, signifiant ici ses dix facultés – ‘Hokhmah, Binah, Daat...les facultés intellectuelles [et les middot, les facultés émotionnelles],

שאין בהם בחינת אותיות עדיין קודם שמתלבשות בלבוש המחשבה (כמו שנתבאר בפרק כ׳ וכא באריכות, עיין שם)

dans lesquelles il n'est pas encore d’aspect de lettres, avant qu’elles ne se revêtent du vêtement de la pensée (comme cela a été expliqué longuement aux chapitres 20 et 21). 

 

וכמו שכתוב גם כן במקום אחר משל גשמי לזה, מענין ביטול זיו ואור השמש במקורו, הוא גוף כדור השמש שברקיע

Par ailleurs, cette idée est encore illustrée par une analogie avec un phénomène physique - l'annulation du rayonnement de la lumière du soleil dans sa source, la sphére céleste du soleil. 

 

שגם שם מאיר ומתפשט ודאי זיוו ואורו, וביתר שאת מהתפשטותו והארתו בחלל העולם, אלא ששם הוא בטל במציאות במקורו, וכאילו אינו במציאות כלל

Car, sûrement, le rayonnement du soleil et sa lumière brille et s’étend sûrement à l’intérieur de celui-ci ;  il s’y trouve en fait dans une plus grande intensité, que dans l'espace de l'univers.  [Etant près de sa source, la lumière est plus intense].  Mais là - [dans le soleil] - son existence même est annulée dans celle de sa source;  c’est comme si [cette lumière] étaient absolument inexistante. 

[Tout ce qui est vu dans le soleil est le soleil lui-même, mais non pas la lumière qui est simplement un produit, un dérivé du soleil]. 

 

[Ceci sera mieux compris suivant la déclaration suivante [2] «quel  est la qualité d’une bougie dans la journée ? »  Naturellement, la bougie n'est pas moins lumineuse de jour que de nuit. Mais parce que sa lumière est exposée à l'éclat bien plus grand du jour, elle n'accomplit plus sa fonction d'illumination. A ce moment, elle cesse d'exister en tant que luminaire.  De même pour les rayons du soleil à l’intérieur de leur source, le soleil ]. 

 

וככה ממש דרך משל הוא ביטול העולם ומלואו במציאות לגבי מקורו, שהוא אור אין סוף ברוך הוא, וכמו שכתוב שם באריכות

De même, allégoriquement parlant, l'existence même du monde et de tout ce qui est en lui est annulé par rapport à sa source, qui est la lumière de Ein-Sof - l’infini divin - comme cela est expliqué là longuement.

 

[Cela, alors, est la signification du concept de l'unité de Dieu que Lui seul existe, et qu’il n’est rien d’autre en dehors de Lui ]. 

 

והנה כשיעמיק בזה הרבה, ישמח לבו ותגל נפשו אף גילת ורנן בכל לב ונפש ומאד באמונה זו

Lorsqu’un homme méditera profondément et longuement sur cette notion [de l'unité véritable de Dieu], son coeur se rejouira avec cette foi ; [3] son âme sera joyeuse par cela au point de se réjouir et de chanter avec tout son coeur, son âme et son pouvoir. 

 

כי רבה היא, כי היא קרבת אלקים ממש

Car cette foi est immense - quand elle remplit son esprit, elle constitue réellement [une expérience de] la proximité de Dieu. 

וזה כל האדם ותכלית בריאתו ובריאת כל העולמות עליונים ותחתונים

Ceci est [en fait] tout [le but] de l'homme, et le but pour lequel, lui et tous les mondes supérieurs et inférieurs, ont été créés:

להיות לו דירה זו בתחתונים, כמו שכתוב לקמן באריכות

[à savoir,] que Dieu puisse avoir une demeure ici-bas, comme cela sera expliqué plus loin longuement [4] – [pourquoi cette demeure terrestre pour Dieu est-elle le but de toute la création].

 

[La foi de l'homme en l'unité de Dieu accomplit ce but. Car lorsque l'unité de Dieu est révélée à l'esprit et au coeur des hommes, ce monde devient une demeure pour Dieu ; Il est révélé là tout comme on se révélé complètement dans sa propre maison].

 

והנה כמה גדולה שמחת הדיוט ושפל אנשים בהתקרבותו למלך בשר ודם המתאכסן ודר אתו עמו בביתו

Combien grande est la joie d'une personne humble et ordinaire quand elle est rapproché près d'un roi de chair et de sang qui siège et réside avec lui – [non dans le palais du roi, mais] - dans sa demeure ! 

 

וקל וחומר לאין קץ, לקרבת ודירת מלך מלכי המלכים, הקדוש ברוך הוא

Combien plus, à fortiori, [un homme doit-il se réjouir] de la proximité du Roi des rois,

מלך מלכי המלכים , le SBSI הקדוש ברוך הוא et dans Sa demeure [ensemble avec l'homme en ce monde physique qui est « la maison de l’homme »]. 

 

וכדכתיב: כי מי הוא זה אשר ערב לבו לגשת אלי, נאם ה׳

Ainsi qu’il est écrit:  [5]  "Car quel est l'homme qui ose m'approcher 'dit Dieu." 

 

[Au moyen de la conscience en l'unité de Dieu et par l’annulation de l’homme devant lui, bref, par la foi et l’abnégation, l’homme devient proche de Dieu. Outre cela, Dieu demeure de ce fait avec lui et en lui ].

 

Notes: 

1/ cette interprétation suit Kitzur Tanya de Rabbi Menachem Mendel Schneerson de Lubavitch (auteur du Tzemach Tzedek). 

2/ ‘Houlin 60b;  cf. Zohar I, 20a. 

3/ RSZ a présenté le sujet de l'unité de Dieu comme une idée qui peut et devrait être appréhendée intellectuellement ("Penser profondément... dans son intellect et sa compréhension...  l'unité véritable de Dieu ...").  Pourtant ici il se réfère à elle comme un article de foi. 

Présentant ses observations sur cette contradiction, le Rebbe Shlita propose plusieurs suggestions: 

1-       Les analogies de la parole ou de la lumière du soleil sont valides seulement après que l'on accepte, comme une question de foi, le verset, "par la parole de Dieu les cieux ont été faits." 

2-       En outre, bien que le AlterRebbe fournisse ici les moyens de comprendre le concept intellectuellement, en fait, la prise de conscience que Dieu Seul existe est une question de foi implicite et inhérente à chaque juif, comme le Rebbe le précise plus loin (par exemple, au milieu du chapitre 42). 

3-       On peut également suggérer que le sujet de l'unité de Dieu dépasse en effet l'intellect, et appartient ainsi au royaume de la foi. On ne peut pas réellement comprendre COMMENT Dieu est une unité, et unique. L'approche intellectuelle a fourni, des services pour mener seulement à la conclusion rationnelle qu’Il est en effet une unité, et unique. 

4/ chapitre 36. 

5/ cf. Yirmeyahu 30:21.

Dans la précédente étude, RSZ a expliqué que l’homme doit, pour réjouir son âme, méditer au fait qu’il est proche de Dieu, parce qu’il n’est rien en dehors du divin. En effet, la notion d’unité divine implique que toute existence est totalement annulée devant Dieu.

 

ועל זה תיקנו ליתן שבח והודיה לשמו יתברך בכל בקר, ולומר

Pour cela [cette capacité à expérimenter et à être absorbé dans l'unité de Dieu], il a été institué [par les Sages] qu’un homme devrait rendre grâce et remercier le Nom de Dieu chaque matin, en disant:  « quel bonheur avons nous ! Combien bonne est notre part, [comme est plaisant notre sort ], et comme est beau notre héritage ! » 

כלומר: כמו שהאדם שש ושמח בירושה שנפלה לו, הון עתק שלא עמל בו

En d'autres termes, tout comme une personne se réjouit et est heureux quand une immense fortune tombe en sa possession - par simple héritage, sans aucun effort personnel,

כן ויותר מכן לאין קץ יש לנו לשמוח על ירושתנו שהנחילונו אבותינו

de même, et infiniment plus encore, devons-nous nous rejouir de l’héritage que nos ancêtres nous ont légué. 

 

הוא יחוד ה׳ האמיתי, אשר אפילו בארץ מתחת אין עוד מלבדו, וזו היא דירתו בתחתונים

Cet [héritage] est l'unité véritable de Dieu, à savoir que même ici-bas sur terre Il esr seul sans qu’il n’y ait rien d’autre en dehors de Lui, et ceci est sa demeure parmi les créatures inférieures [de ce monde physique - quand ils imprêgnent leur conscience de l'unité divine et s'annulent devant Lui.

 

[Par nos propres efforts nous n’obtiendrions pas la capacité d'éprouver l'unité divine;  c'est notre héritage de nos ancêtres]. 

 

וזהו שאמרו רז״ל: תרי״ג מצות ניתנו לישראל, בא חבקוק והעמידן על אחת, שנאמר: וצדיק באמונתו יחיה

C'est [la signification de] ce que nos Rabbis, de mémoire bénie, ont déclaré:  [6] « 613 mitzvot ont été donnés à Israël » ; ...  Vint Habakkouk qui les fonda toutes sur une seule - [la foi] comme il est écrit, [7] « un tsadik vit par sa foi ».

 

כלומר: כאלו אינם רק מצוה אחת, היא האמונה לבדה, כי על ידי האמונה לבדה יבא לקיום כל התרי״ג מצות

C’est à dire, comme si toutes - [ les mitzvot ] – consistaient uniquement en cette mitzvah unique de la foi, parce que par la seule foi, l’homme en viendra à accomplir toutes les 613 mitzvot.

 

דהיינו, כשיהיה לבו שש ושמח באמונתו ביחוד ה׳ בתכלית השמחה, כאילו לא היתה עליו רק מצוה זו לבדה, והיא לבדה תכלית בריאתו ובריאת כל העולמות

Et ce, quand son coeur se rejouira et sera joyeux avec sa foi en l'unité de Dieu, dans une joie parfaite, comme s'il était enjoint par cette unique mitzvah, et qu’elle seule était l’unique but pour lequel lui et tous les mondes furent créés – [Sûrement, s'il n’y avait qu’une telle mitzvah à faire pour lui, il l'accomplirait avec plus grande joie]. 

 

הרי בכח וחיות נפשו בשמחה רבה זו תתעלה נפשו למעלה מעלה ”על כל המונעים קיום כל התריג מצות, מבית ומחוץ

[Il lui sied donc de se rejouir  dans la Mitzvah de la foi, et] par la puissance et la vitalité de l’âme [générées] par cette joie immense, son âme s’élévera au-delà de tous les obstacles qui entrave son observance de toutes les 613 mitzvot;  tous les deux sortes, [les obstacles] intérieurs, [provenant de  de son âme animale], et extérieurs - [résultant de son environnement]. 

 

[Étant ainsi imprégné de la conscience de la véritable unité de Dieu, l’homme pourra surmonter n'importe quel obstacle faisant entrave à son accomplissement des mitzvot. 

 

Car, comment pourrait-il y avoir un obstacle à la voix de Dieu, les mitsvot, alors qu’il n'existe rien dans le monde indépendamment de Dieu?] 

 

וזהו שאמר: באמונתו יחיה, יחיה דייקא, כתחיית המתים דרך משל, כך תחיה נפשו בשמחה רבה זו

Ainsi, l'expression Yi’hyeh ("vivra") [dans le verset « un tzaddik vivra avec sa foi »] peut être  comprise dans le sens de "sera ranimé" ; comme si elle était ressuscité des morts, ainsi l’âme sera ranimée par cette grande joie intense. 

 

והיא שמחה כפולה ומכופלת, כי מלבד שמחת הנפש המשכלת בקרבת ה׳, ודירתו אתו עמו

C'est un joie double et redoublée. Indépendamment de la joie de l'âme qui comprend combien Dieu est proche de lui, et comment Il réside ensemble avec lui,

עוד זאת ישמח בכפליים בשמחת ה׳ וגודל נחת רוח לפניו יתברך באמונה

il [l’homme] se réjouira également doublement dans la joie et le plaisir que sa foi apporte à Dieu comme cela sera expliqué dans la prochaine étude. . 

 

Notes: 

6/ Makkot 24a 

7/ ‘Havakuk 2:4.

Jusqu'ici Rabbi Shnéour Zalman a expliqué qu’un homme doit se réjouir de sa foi en Dieu. En effet, la notion d’unité de Dieu, en laquelle chaque juif croit, implique qu’il n’est rien en dehors de Dieu, toute existence étant totalement annulée devant Lui. Il lui sied donc d’être heureux et de se réjouir  de connaitre une telle proximité avec Dieu, à l’instar d’un paysan qui se réjouit d’être proche du roi. Dans la présente étude RSZ décrit un 2éme aspect de joie qui doit imprégner le juif.

 

עוד זאת ישמח בכפליים בשמחת ה׳ וגודל נחת רוח לפניו יתברך באמונה זו

Il se rejouira également doublement dans la joie et le plaisir que sa foi apporte à Dieu. 

דאתכפיא סטרא אחרא ממש, ואתהפך חשוכא לנהורא

Car de ce fait, [par sa foi en l'unité de Dieu], la sitra a’harah - l’autre côté, le mal - est véritablemnt soumise, et l'obscurité est transformée en lumière –

שהוא חשך הקליפות שבעולם הזה החומרי, המחשיכים ומכסים על אורו יתברך

c.à.d. l'obscurité des Qlipot - les forces du mal - de ce monde matériel – qui obscurcissent et voilent la lumière de Dieu

עד עת קץ, כמו שכתוב: קץ שם לחשך

jusqu'à la fin des jours, ainsi qu’il est dit, [8] "il met un terme à l'obscurité"

 

דהיינו קץ הימין, שיעביר רוח הטומאה מן הארץ, ונגלה כבוד ה׳, וראו כל בשר יחדיו, וכמו שכתוב לקמן

(L'expression biblique, "la fin des jours", s’écrit קץ הימין Ketz HaYamin[puisque le mot "yamin" en araméen signifie les "jours" et le mot yamin en hébreu signifie "la droite", l'expression ainsi réécrite donne à entendre que "à la fin des jours Dieu révélera Son bras droit" – par référence à Son attribut de révélation], quand il banira l'esprit d'impureté de la terre, et [9] que la « gloire de Dieu, [le divin en chaque créature], sera révélée, et que toutes les chairs ensemble (le) verront ». [C'est-à-dire, non seulement l'esprit, mais la chair de l'homme elle-même percevra le divin, comme cela sera expliqué plus loin.]  [10] 

 

[Cette annulation de la sitra a’harah –le mal- aura lieu seulement "à la fin des jours", pendant l'ère messianique. Jusque-là, cependant, alors que l'obscurité de la Qlipah règne toujours sur la terre, l’homme doit provoquer la satisfaction de Dieu en écrasant la Sitra A’hara et en transformant son obscurité en lumière, au moyen de sa foi.  Et la réalisation de l'homme de ce fait intensifie sa propre joie dans sa foi ]. 

 

ובפרט בחוץ לארץ, שאויר ארץ העמים טמא, ומלא קליפות וסטרא אחרא

Ceci est spécialement vrai en diaspora, où l'atmosphère est impure et est remplie de qlipot et de la sitra a’harah - le mal. 

 

ואין שמחה לפניו יתברך כאורה ושמחה ביתרון האור הבא מן החשך דייקא

Il n'y a pas de joie plus grande pour Dieu que la lumière et la joie causée par [la transformation de l’obscurité en lumière], lorsque la lumière posséde la qualité supérieure acquise en sortant de l'obscurité même. 

 

[Quand un juif en diaspora est pénêtré de la conscience de l'unité de Dieu, sa joie est d’autant plus grande.  Il s’en suit que plus basse est sa situation spirituelle, plus est grande la joie divine quand il acquiert une conscience de l'unité de Dieu. 

 

Nous avons vu jusqu'ici alors, que sa foi en l'unité de Dieu l’amène à une joie double:  la joie de sa proximité avec Dieu, et la joie de savoir que sa foi apporte la joie à Dieu]. 

 

וזהו שכתוב: ישמח ישראל בעושיו

C'est la signification du verset, [11] "Qu’Israël se rejouisse dans Celui qui l’a fait" [ notez l'expression:  "celui qui l’a fait", et non pas "Créateur" ou autres termes analogues ]: 

 

פירוש: שכל מי שהוא מזרע ישראל יש לו לשמוח בשמחת ה׳ אשר שש ושמח בדירתו בתחתונים, שהם בחינת עשיה גשמיית ממש

Ceux qui font partie d'Israel doivent se rejouir dans la joie de Dieu, qui est heureux et joyeux dans Sa demeure parmi les créatures des sphères inférieures, qui sont au niveau physique réel d'Asiyah . 

 

[Le mot qui est "Celui qui l’a fait" (בעושיו Be'oh'sav) posséde une racine commune avec Asiyah, le niveau le plus inférieur de la création.  Avec cette demeure Israël en particulier doit se rejouir, sachant que la joie de Dieu est particulièrement grande quand les créatures dans Asiyah, le monde le plus bas, deviennent une demeure pour lui]. 

 

וזה שכתוב: בעושיו, לשון רבים

C’est la raison pour laquelle la forme plurielle —בעשיו Be'oh'sav  — est employée. 

 

[ la signification littérale du verset est:  «qu’Israël se rejouisse dans Ceux qui l’ont fait. ». Pourquoi l'utilisation d'une expression plurielle en référence à Dieu ? 

 

Le Alter Rebbe explique que puisque Dieu est qualifié ici de "Celui qui fait" le monde d'Asiyah, le domaine des Qlipot dont la nature est l’arrogance et donc la séparation et l’égocentrisme, la puissance créatrice divine est mentionné au pluriel - car Elle est réduite en fragments, pour ainsi dire.  Il y a une multitude de créatures, chacune séparé l’une de l'autre, chacune animée par la puissance créatrice divine;  par conséquent, une pluralité de "fabricants", pour ainsi dire.

 

Mais ce défaut devient la cause d’une plus grande joie divine encore, quand ces êtres séparés au niveau d'Asiyah s’unissent en l'unité de Dieu. 

 

Cette unification de la création est un autre accomplissement de la foi de l'homme en l'unité de Dieu, parce que cette foi soumet la Sitra A’hara  qui cause la désunion. 

 

Comme cité ci-dessus, c'est l'obscurité plutôt qui augmente la lumière qui occupe sa place. 

Ainsi, plus l'obscurité est grande, plus est supérieure la lumière lui faisant suite.  Dans les mots de Rabi Schnéour Zalman ]:

 

שהוא עולם הזה הגשמי, המלא קליפות וסטרא אחרא, שנקרא רשות הרבים וטורי דפרודא

Cette expression plurielle - "ceux qui l’ont fait" - se rapporte à notre monde physique qui est rempli de Qlipot et de la Sitra A’hara, qui sont appellés "un domaine public", [c.-à-d., un domaine de multiplicité], et des "montagnes de séparation", [du fait qu’ils sont arrogants et séparé l’un de l’autre.] 

 

[Le sens littéral du verset est que « Israël se rejouisse dans Ceux qui l‘ont fait. »

Peut-être que cette expression au pluriel est utilisé par reférence à Dieu.

RSZ explique qu’il est ici fait référence à Dieu comme à celui qui ‘fait’ le monde d’Assyah, le domaine des qlipot dont la nature est l’arrogance, la séparion et l’égocentrisme.

 

Il est donc fait référence à la force divine, à la forme plurielle car elle est fagmentée pour ainsi dire.

Il existe une multitude de cxréatures et d’âmes chez les hommes. Chacune séparée l’une de l’autre.]

 

ואתהפכן לנהורא, ונעשים רשות היחיד ליחודו יתברך, באמונה זו

[la joie de Dieu dans la fusion de cette pluralité est réveillée quand] au moyen de cette foi en l'unité de Dieu elles (les qlipot) sont transformés en lumière, et deviennent "un domaine privé" - [c.-à-d., un royaume unifié] - pour l'unité de Dieu. 

 

Notes: 

8/ Iyov 28:3. 

9/ Yeshayahu 40:5.

10/ fin de ch 36. 

11/ Tehillim 149:2.

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